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EDITO - Législative partielle: la vengeance de Cahuzac

Anna Cabana

Anna Cabana - -

Le Parti socialiste a essuyé un nouvel échec dimanche soir dans l'ancien fief de Jérôme Cahuzac lors du premier tour de la législative partielle visant à le remplacer à l'Assemblée nationale, coiffé au poteau par l'UMP et le FN.

Savez-vous ce que disait en riant - jaune - un dirigeant socialiste dimanche soir? "C’est le fantôme de Jérôme Cahuzac qui plane au-dessus de nous et qui nous a maudits." C’est une demi-plaisanterie. François Hollande aimerait oublier Cahuzac mais Cahuzac ne se laisse pas oublier.

Dimanche, le Parti socialiste a essuyé un nouvel échec dans l'ancien fief de l'ex-ministre du Budget lors du premier tour de la législative partielle visant à le remplacer à l'Assemblée nationale, coiffé au poteau par l'UMP et le FN.

Un second tour UMP-FN, un déshonneur

Ce premier tour finit le plus mal possible pour le parti socialiste, son candidat Bernard Barral n’est même pas en possibilité de se maintenir dans une triangulaire au second tour. Bref, pour le PS, ce second tour UMP-FN est un déshonneur.

La semaine dernière, François Hollande et ses amis avaient anticipé cette élimination au premier tour. Anticiper, c’est une façon de déminer; une façon de ne pas ajouter l’effet de surprise à l’humiliation d’une élimination dès le premier tour. Mais le président espérait être démenti par les faits. Il espérait ne pas offrir à Cahuzac le plaisir de cette victoire.

Car oui, c’est la victoire de Cahuzac. Mieux que sa victoire, même: sa vengeance. Car l’ancien ministre est en colère, en colère contre la terre entière, et d’abord contre ses anciens amis socialistes qui se sont détournés de lui et qui le traitent comme le pire des parias.

Bons souvenirs du Lot-et-Garonne

Les socialistes du Lot-et-Garonne racontent que Jérôme Cahuzac a passé des coups de fil et envoyé des textos pour démobiliser les électeurs. Il a beau avoir assuré le candidat socialiste de son soutien, il est atteint de ce syndrome bien connu: après moi le déluge…

Grâce à ce premier tour calamiteux pour le PS, Cahuzac se rappelle subliminalement au bon souvenir de tous. Car chacun peut se dire que si, lui, Cahuzac, avait été candidat, les choses auraient été différentes. Comme si cette élection offrait la preuve qu’il était le seul à pouvoir éviter au PS la honte d’un second tour UMP-FN. C’est en ce sens qu’il s’est vengé.

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Anna Cabana