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Congrès du PS: à Poitiers, on peine à mobiliser

Première étape du congrès du Parti socialiste (PS), les militants sont appelés à venir voter et déterminer l'orientation politique de leur formation pour les mois à venir. Mais la mobilisation sera-t-elle à la hauteur? Eléments de réponse.

C’est un feuilleton haletant, aux enjeux multiples, que s’apprête à vivre le Parti socialiste (PS). Et le premier épisode a lieu ce jeudi: les militants de la formation actuellement au pouvoir sont en effet appelés à voter pour choisir la future ligne politique de Solferino, et, in fine, le futur Premier secrétaire du parti, dans l'une des 3.200 sections que compte le PS partout en France. Mais pour ce rendez-vous qui constitue le véritable top départ du congrès de Poitiers, les votants vont-ils répondre "présents"?

Bien malin celui qui peut aujourd'hui prédire le taux de mobilisation de ces militants, tant leur nombre est en chute libre depuis l'arrivée, il y a trois ans, de François Hollande à l'Elysée... et que le désamour semble profond avec l'exécutif actuel.

Au moins 131.000 militants dits "actifs"

Au terme de ce premier vote, deux des quatre motions - A, B, C et D - proposées aux adhérents du PS et respectivement portées par Jean-Christophe Cambadélis, Christian Paul, Florence Augier et Karine Berger, seront qualifiées pour un second tour, la semaine prochaine. C'est à ce moment-là que le premier signataire de la motion arrivée en tête remportera les rênes de Solferino.

Mais qui est en mesure de voter et de s'exprimer? Au moins 131.000 personnes, selon des chiffres communiqués à l'Agence France-Presse (AFP). Autant de militants considérés comme "actifs" au sein du PS, car à jour de leurs cotisations au cours des deux dernières années, en 2013 et 2014. Toujours selon cette même source, un doute entoure encore 28.000 adhérents, dont le dossier n'est pas à jour, et qui sont actuellement menacés de radiation. Pour ces derniers, la possibilité est offerte de régulariser leur situation le jour du vote s'ils souhaitent finalement s'exprimer.

Une hémorragie d'adhérents...

Le taux de participation qui sera atteint ce jeudi sera un signal fort envoyé au gouvernement et aux socialistes de tous bords. Pourquoi? Car si d'un côté le nombre de militants connaît déjà une véritable chute libre, une faible mobilisation, notamment en faveur de la motion A défendue par l'actuel premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis et soutenue par le gouvernement, constituerait à elle seule un important revers pour le pouvoir en place. Un de plus, après de multiple défaites aux dernières élections locales?

Au niveau des adhérents, donc, l'hémorragie est importante. Le Parti socialiste comptait 170.000 militants à la fin 2013, 200.000 en 2008 lors du tumultueux congrès de Reims, et jusqu'à 280.000 en 2006, quand l'adhésion à 20 euros avait été lancée pour la primaire interne au parti. Avec ses 141.000 membres actifs à ce jour, il faut remonter en 1990, avec 120.000 adhérents à l'époque, pour retrouver un socle de militants aussi étroit.

... et environ 50% de votants?

Jean-Christophe Cambadélis et ses équipes espèrent toujours un taux de participation important. "Nous sommes en situation de l'emporter (...) mais si l'abstention est forte, nous pouvons avoir un certain nombre de déconvenues", a ainsi prévenu le premier secrétaire du PS auprès de l'AFP, qui estime que "70.000 à 80.000 votants seraient une 'bonne participation'". Ce qui pourrait représenter un taux de mobilisation légèrement supérieure à 50%.

Il faut dire qu'un faible taux de votants désavantagerait surtout le camp de la motion A, les idées défendues par les frondeurs et les autres motions étant censées pouvoir compter sur une base très précise et plus mobilisée de leurs partisans. Jusqu'à faire trembler le noyau dur du parti? Rien n'est moins sûr.

Quels chiffres pour les années précédentes?

En 2012, peu après l'élection de François Hollande, Harlem Désir avait été élu premier secrétaire du parti, au cours du congrès de Toulouse, sans coup férir. Pourtant largement adoubé par son prédécesseur, la maire de Lille Martine Aubry et le Premier ministre de l'époque Jean-Marc Ayrault, près de 87.898 des 173.486 inscrits de l'époque s'étaient déplacés, soit 50,67%, pour un scrutin présenté comme sans enjeu.

En 2008, quand six motions s'étaient affrontées dans une lutte sans merci, près de 56,61% des adhérents étaient venus voter pour décider du futur de leur parti. Soit 131.860 personnes, 10.000 de moins que le nombre total de militants socialistes encore encartés aujourd'hui.

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV