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Benoit Hamon: "Sans primaire, on va vers une catastrophe démocratique"

Le député socialiste des Yvelines a regretté, mercredi sur BFMTV,  l'échec, faute de signataires suffisants, du dépôt d'une motion de censure de la gauche contre le gouvernement après le recours au 49.3 pour faire passer le projet de loi travail. Il a aussi parlé du futur en insistant sur la nécessité de l'organisation d'une primaire à gauche pour la présidentielle de 2017.

La motion de censure de la gauche contre le gouvernement n'ayant pas pu être déposée faute de signataires suffisants, Benoit Hamon se tourne désormais vers la présidentielle de 2017. Le député socialiste des Yvelines était l'invité de Ruth Elkrief mercredi soir sur BFMTV. L'un des chefs de file des socialistes contre la loi travail est revenu sur l'échec du jour à l'Assemblée nationale et les conclusions qu'il fallait en tirer. 

"Une forme de régression démocratique"

"Je regrette que nous ne soyons pas arrivés à 58 signatures", a expliqué Benoit Hamon. Selon lui, François Hollande n'a pas été élu pour permettre de baisser le tarif des heures supplémentaires ou de faciliter le licenciement économique. "Ces points n'ont jamais été discutés et débattus dans aucune élection", a-t-il souligné. C'est pour ces raisons qu'il estime que ce "49.3 est plus illégitime que bien d'autres". L'opinion publique y est défavorable entre 70% et 75% selon les sondages, a-t-il rappelé. C'est en cela que le député socialiste a estimé qu'il y avait "une forme de régression démocratique". Et a conclu que la "Ve République n'était plus possible. Ce système ne fonctionne plus et asphyxie la démocratie". 

Il est pour lui inconcevable de voter la motion de la droite "qui dit le contraire de ce que des députés socialistes, représentatifs d'une grande partie de son électorat", pensent. La prochaine étape concerne désormais l'échéance présidentielle. "Si on ne veut pas prendre la responsabilité au parti socialiste que notre candidat soit éliminé au premier tour", il faut la tenue d'une primaire à gauche, a-t-il avancé. Sans elle, "on va tout droit à une catastrophe démocratique", a-t-il prédit. D'ailleurs, Benoit Hamon ne ferme pas la porte à une possible candidature même s'il assure qu'il se "rangera derrière le meilleur candidat" pour défendre son courant d'idées.

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Benoît Hamon

E. M.