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Bartolone: la candidature aux régionales du "parrain" de la Seine-Saint-Denis

Claude Bartolone devant l'Assemblée le 22 avril 2015.

Claude Bartolone devant l'Assemblée le 22 avril 2015. - Charles Platiau - AFP

Ancien président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, où il a conservé ses réseaux, Claude Bartolone, président PS de l'Assemblée nationale, veut désormais conquérir la région Ile-de-France.

Son annonce a créé la surprise. Deux semaines après avoir fermé la porte à une candidature en Ile-de-France pour les régionales de 2015, Claude Bartolone a finalement changé d'avis: mercredi soir sur BFMTV, le président de l'Assemblée s'est dit prêt à être candidat à l'investiture socialiste. Sa candidature avait été poussée par Jean-Christophe Cambadélis, mais aussi par François Hollande. Le chef de l'Etat avait tenté de le convaincre qu'il était le seul à pouvoir maintenir l'Ile-de-France dans le giron de la gauche.

"Il fait la synthèse entre Paris, la proche banlieue et la grande couronne", fait valoir un des proches de Claude Bartolone. La banlieue est le domaine de cet ancien ministre de la Ville de Lionel Jospin. Député de Seine-Saint-Denis depuis 1981, sa carrière politique s'élève encore lorsqu'il arrache la présidence du conseil général du département en 2008.

"L'Attila sicilien"

Ce département, le plus pauvre d'Ile-de-France, Claude Bartolone en connaît parfaitement les arcanes et les personnalités politiques. Depuis trente ans, il y place ses pions, tisse sa toile et grignote la banlieue rouge pour en faire une banlieue rose. En décembre 2013, Dominique Voynet expliquait sans le nommer qu'il existait en Seine-Saint-Denis un "parrain" dont elle avait refusé de "baiser la bague" en vue de sa réélection à la mairie de Montreuil. Sans son appui, point de salut, expliquait-elle alors. "Il est l'Attila sicilien", ajoute le communiste Jean-Pierre Brard, ancien maire de Montreuil.

Pour l'exécutif, il pourrait être la seule chance de conserver la région, notamment grâce à sa compatibilité avec les autres partis de gauche. "C'est le seul qui peut rassembler", dit l'un de ses proches. Lors des élections départementales de mars dernier, c'est encore en Seine-Saint-Denis qu'a eu lieu l'un des rares meetings communs de la gauche. Sur scène, on a pu voir Claude Bartolone aux côtés de l'écologiste Emmanuelle Cosse, mais aussi du communiste Pierre Laurent. C'est ensuite l'ancien président du département lui-même qui a annoncé la victoire de la gauche aux départementales, petite réjouissance au milieu de la sinistrose socialiste. 

Mais "don Barto", comme l'appellent ses détracteurs, n'a jamais caché son intérêt pour plus grand. La métropole du Grand Paris est aussi dans son viseur depuis longtemps. Entité rassemblant Paris et les départements de la petite couronne, elle compte six millions d'habitants: un objectif non négligeable, surtout lorsque l'on peut compter sur de nombreux alliés en petite et grande couronne. "C'est une porte d'entrée vers la France", reconnaissait lui-même Claude Bartolone début 2014. Mais avant cela, des considérations plus locales attendent le locataire du perchoir de l'Assemblée: il a jusqu'à jeudi soir pour déclarer officiellement sa candidature à l'investiture.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV