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Ambiance de fin de règne à la convention de la Belle Alliance Populaire du PS

Le grand meeting organisé ce samedi dans le 19e arrondissement de Paris par le Parti socialiste fait pâle figure, deux jours après l'annonce du renoncement de François Hollande. Les principaux candidats à la primaire de gauche y sont absents, et les participants sont bien moins nombreux que prévu.

Le grand meeting organisé ce samedi à Paris par la Belle Alliance populaire pour lancer la primaire de gauche n'est pas si populaire qu'espéré. Ce mouvement fondé spécialement en vue de la primaire de janvier a donné sa première convention nationale dans une ambiance en demie teinte, avec beaucoup d'absents et de chaises vides.

En septembre, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, prévoyait un grand raout rassemblant 10.000 personnes. Ce samedi, les organisateurs avaient revu le chiffre à la baisse, prévoyant 4.000 à 5.000 places assises. Mais d'après les journalistes de BFMTV présents sur place, 2.500 à 3.000 personnes seulement ont fait le déplacement. Quatre fois moins qu'espéré initialement, donc.

Bataille de photos sur Twitter

Une désaffection qui a donné lieu à quelques batailles de photos sur Twitter, entre militants et journalistes. Chacun y allant de son cadrage pour montrer les chaises vides ou au contraire les cacher.

Les candidats aux abonnés absents

Plus parlant encore, ce grand meeting censé lancer la primaire se déroule sans les principaux candidats à ce scrutin. Tous les candidats étiquetés PS l'ont boudé: Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche. Seuls candidats présents, mais côté écologiste, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias.

D'après les informations de BFMTV, Anne Hidalgo et Martine Aubry ont aussi refusé l'invitation. Tout comme le chef de file des frondeurs, Christian Paul. Stéphane Le Foll et Manuel Valls, l'autre candidat -putatif- à la primaire, ont renoncé à s'y présenter, préférant se rendre chacun sur leurs terres: le premier dans la Sarthe, le second à Evry, où il n'a eu aucun mot pour la présidentielle, évoquant seulement le Téléthon et ses bénévoles, dont il a salué l'engagement.

Un phénomène de "deuil" chez les militants

Dans les rangs du public et sur l'estrade, quelques ministres cependant, mais surtout ceux qui ont défendu ces derniers mois le bilan de François Hollande: Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Emmanuelle Cosse, Jean-Vincent Placé, mais aussi Patrick Kanner.

Pour tenter d'expliquer ces chaises vides, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a eu des mots lourds de sens. Sur BFMTV, il a estimé que le renoncement de François Hollande avait sonné et démotivé de nombreux militants.

"La décision de François Hollande a été pour beaucoup douloureuse et moi je l’ai ressentie comme cela, a-t-il déclaré, évoquant même un "phénomène de deuil", même s'il s'est voulu optimiste.

"Electrochoc" et gravité

"Aujourd’hui c’est la première étape de reconquête des esprits et des cœurs dans ce parti pour notamment les formations de gauche", a-t-il déclaré, avant de conclure sur le même message:

"Beaucoup de militants sont sonnés par la décision de François Hollande et certains ont dû dire… Je vous ai parlé de phénomène de deuil, nous allons rebondir, je vous rassure, ce n’est que la première étape, le 15 décembre nous aurons tous nos candidats à la primaire et le 29 janvier nous aurons un candidat qui porte la gauche de gouvernement comme un combat personnel et collectif face à Monsieur François Fillon mais aussi face à l’extrême-droite".

Même ton de gravité sur l'estrade, notamment lors de l'intervention de la ministre de l'Education. "La décision du président doit être pour nous un électrochoc", a lâché Najat Vallaud-Belkacem. Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat, a quant à lui déclaré "la gauche est belle quand elle se rassemble". Une phrase qui a sonné davantage comme un voeu que comme un constat.

Charlie Vandekerkhove