BFMTV

Primaire à gauche: vers un affrontement des gauches irréconciliables

François Hollande renonçant à une candidature pour l'élection présidentielle, la primaire à gauche est désormais ouverte. Avec un affrontement prévisible: celui des deux gauches irréconciliables.

"Les deux gauches irréconciliables". Avec cette formule, Manuel Valls avait mis le feu aux poudres socialistes en théorisant une rupture au sein de sa famille politique. Désormais, avec le renoncement de François Hollande à se présenter à l'élection présidentielle, la primaire à gauche va pouvoir opposer les partisans de gauches bien différentes. 

D'un côté, Manuel Valls, pas encore candidat mais fortement pressenti pour briguer l'investiture présidentielle. En février 2016, le chef du gouvernement avait théorisé cette division de la gauche. Face à des militants, dans son département de l'Essonne, il avait considéré que "le problème n'est pas d'organiser une primaire qui irait de Mélenchon à Macron". "Parfois, il y a des positions irréconciliables à gauche et il faut l'assumer", avait-il lancé. Des mots qui lui avaient été reprochés à l'époque par une partie de sa famille politique. 

Hamon vise déjà Valls

Cette rupture existe depuis les origines du Parti socialiste. Bien avant sa création, la gauche française se divisait déjà entre Jean Jaurès et Jules Guesde. Plus tard, François Mitterrand et Michel Rocard se sont aussi affrontés durement. Manuel Valls, lui, incarne l'aile droite du Parti socialiste, héritière du rocardisme, face à des candidats à la primaire comme Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg qui représentent la gauche du mouvement. 

De fait, l'élu de Trappes, a déjà commencé à taper sur Manuel Valls, qui n'est pas encore déclaré. Dans son intervention à la suite de celle du chef de l'Etat, Benoit Hamon a estimé que "le bilan de François Hollande est aussi celui de Manuel Valls". "Je serai heureux de débattre avec lui lors des débats de la primaire à gauche", a-t-il lancé, écartant la possibilité d'une candidature unie avant la primaire. Un signe que l'affrontement a déjà bien commencé. 

Ivan Valerio