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Syrie: une journée de débat parlementaire… sans vote

Jean-Marc Ayrault s'adressera aux députés mercredi à 16 heures.

Jean-Marc Ayrault s'adressera aux députés mercredi à 16 heures. - -

Alors que selon un sondage CSA pour BFMTV, 74% des Français sont pour un vote, BFMTV.com fait un point sur les positions de chacun au sujet d'une intervention en Syrie.

La journée de mercredi sera marquée par la session extraordinaire du parlement convoquée pour un débat sur la Syrie.

A l’Assemblée nationale à 16 heures, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, va tenter de convaincre les députés de la nécessité de "sanctionner" la Syrie. Au même moment, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sera chargé de la même mission devant le Sénat. Des discours attendus mais qui ne seront pas suivis de vote, comme la Constitution le permet.

> Trois Français sur quatre pour un vote

74% des Français se déclarent "tout à fait" ou "plutôt" favorable à ce que "le parlement français se prononce par un vote avant une intervention militaire en Syrie", selon un sondage BFMTV publié mardi. 42% des personnes interrogées se déclarant même "tout à fait favorables", selon l'enquête CSA.

> Les positions de chaque parti

L'UMP, malgré ses divisions, a réussi mardi à fixer une position commune. "Une intervention ne peut se faire qu'avec deux préalables, la publication du rapport des experts des Nations unies [...], et une base juridique solide et claire, c'est-à-dire une résolution des Nations unies", a expliqué mardi le chef de file des députés UMP, Christian Jacob. Si ces deux conditions ne sont pas réunies, le parti exigera un vote le moment venu. Mais pour mercredi, celui-ci n'aurait "pas de sens" puisqu'il n'y a "pas de frappe", a-t-il ajouté.

Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, avait été l'un des premiers à juger indispensable, en l'absence d'un feu vert de l'ONU, un scrutin au sein du Parlement, se disant très sceptique à la lecture de la note des services de renseignement français qui impute l'attaque chimique du 21 août au régime syrien.

Dans la majorité, si le groupe Europe-Ecologie-Les-Verts ne s'oppose pas nécessairement à une intervention, il réclame néanmoins l'organisation d'un vote.

Les radicaux de gauche laissent à François Hollande le soin de décider ou non d'un vote.

A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon comme le Parti communiste, refusent toute intervention qui transformerait Paris en "supplétif" de Washington, et estiment qu'un vote du Parlement devrait aller "de soi".

Le Front national est lui vent debout contre le principe même d'une intervention, Marine Le Pen soupçonnant même le gouvernement de "construire des preuves".

Au sein du Parti socialiste, la ligne est de ne pas "imposer un vote au Président de la République", a répété Claude Bartolone, président de l'Assemblée. Mais de plus en plus de voix réclament que le Parlement s'exprime.

> François Hollande "déterminé"

François Hollande s'est quant à lui déclaré mardi toujours plus "déterminé" à intervenir, mais est resté vague sur la façon de le faire, évoquant une "rencontre à Saint-Pétersbourg entre Européens" sur le sujet, en marge du G20 qui doit se tenir jeudi et vendredi.

Ce mercredi matin, un responsable de la Maison-Blanche indique que le G20 donnera lieu à des rencontres en tête-à-tête entre Barack Obama et François Hollande ainsi que le responsable chinois Xi Jinping mais pas avec le président russe Vladimir Poutine.

> Un soutien clé pour Barack Obama

Aux Etats-Unis, le gouvernement mène campagne pour convaincre le Congrès du bien fondé d'une intervention militaire en Syrie. Le secrétaire d'État John Kerry et le chef du Pentagone Chuck Hagel ont ainsi prôné une action armée, mardi, devant la commission des Affaires étrangères du Sénat.

Et le président Barack Obama a marqué des points mardi en recevant le soutien de son principal adversaire politique, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner.

Mais l’opinion publique ne semble toujours pas suivre le gouvernement. Selon un sondage ABC News/Washington Post publié mardi, 59% des Américains s'opposent à des frappes par missiles de croisière en Syrie.

K. L. avec AFP