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"Si le groupe ne me veut plus, j'en prendrai acte": la députée LaREM Wonner réagit à sa convocation

La députée LaREM Martine Wonner à l'Assemblée nationale.

La députée LaREM Martine Wonner à l'Assemblée nationale. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Contactée par BFMTV.com, l'élue du Bas-Rhin, critique vis-à-vis du gouvernement pour sa gestion de la crise sanitaire, n'est pas surprise d'avoir été convoquée par les instances dirigeantes de la majorité.

Elle dit avoir reçu sa convocation à 16h30. Ce mercredi, la députée La République en marche Martine Wonner, seule élue de la majorité à avoir voté contre le plan de déconfinement détaillé la veille par Édouard Philippe, a été rattrapée par la patrouille. À savoir, les instances dirigeantes du groupe LaREM, qui lui ont donné rendez-vous mercredi prochain pour expliquer son choix, en visioconférence. 

Contactée par BFMTV.com, la députée du Bas-Rhin, médecin psychiatre de profession, dit avoir été "invitée très aimablement" par le président du groupe, Gilles Le Gendre.

"C’est une suite logique de mon vote d’hier. Je n’en reste pas moins étonnée, parce que ce vote était purement symbolique et ne servait à rien", poursuit-elle. 

"Ce n'est pas ma préoccupation"

Selon elle, le Premier ministre "était dans une stratégie politique qui n'était pas prévue au départ, parce qu’à l'origine on devait voter sur l'application StopCovid".

"Ma position était claire, j'ai expliqué mon vote. Donc j’ai répondu favorablement à la convocation", déclare Martine Wonner.

L'intéressée, déjà réprimandée par certains hauts-cadres de la macronie, craint-elle une exclusion, sort réservé à peu de députés marcheurs depuis le début de la législature?

"Je ne suis pas amenée à expliquer mon vote sans qu'il y ait d'arrière-pensées... Ce n’est pas la première fois que je prends des positions différentes de mes camarades. Mais si le groupe ne me veut plus, j’en prendrai acte! Ce n'est pas ma préoccupation du moment, j'ai trop à faire au niveau local", assure-t-elle.

"Je ne souhaiterais pas être non-inscrite"

Et la députée de maintenir que, d'après elle, la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement est "très carencée". 

"On avait le droit de mal partir dans la gestion, mais pas de continuer à prendre les Français pour ce qu’ils ne sont pas", ajoute-t-elle.

Pour la suite, pas de plan sur la comète.

"J’ai des accointances vers l’écologique et le social, chacun le sait. Ce que je peux dire, c’est que je ne souhaiterais pas être non-inscrite", prévient celle qui avait, un temps, déjà été approchée par le groupe Libertés et Territoires, qui abrite plusieurs ex-LaREM, notamment l'écologiste Matthieu Orphelin, dont elle est politiquement proche.

Lorsqu'on lui demande si elle se verrait rejoindre par pure hypothèse le groupe socialiste, elle ne dit pas non.

"Pire que de voter contre le budget"

Chez les loyalistes du groupe, les mots se font durs à l'égard de la frondeuse.

"Moi je l'aurais virée direct, peste un poids lourd auprès de BFMTV.com. C'est purement scandaleux, sur ce sujet, de voter contre en étant député LaREM."

Même son de cloche du côté du mouvement.

"C'est pire que de voter contre le budget. Sans parler de son délire avec la chloroquine où elle essaye de justifier sa défense par le fait qu'elle est médecin", tranche un cadre. 

Patron des Jeunes avec Macron et membre du bureau exécutif de LaREM, Ambroise Méjean n'est pas plus tendre.

"Voter contre le plan de déconfinement, c'est franchir un pas que même les députés responsables de l'opposition n'ont pas franchi. Ce n'est pas à la hauteur de cette crise sanitaire historique", regrette-t-il auprès de BFMTV.com.
Jules Pecnard