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Prostitution: le Sénat devrait maintenir le délit de racolage

Une prostituée attend des clients, en 2011, près de Paris (photo d'illustration).

Une prostituée attend des clients, en 2011, près de Paris (photo d'illustration). - Bertrand Langlois - AFP

Une proposition de loi votée par l'Assemblée nationale, qui propose de pénaliser les clients des prostituées et de supprimer le délit de racolage passif, arrive ce lundi devant le Sénat. Mais la chambre haute, désormais à droite, devrait voter le contraire.

Punir les prostituées plutôt que ceux qui les payent, comme c’est le cas actuellement : le Sénat, passé à droite depuis septembre dernier, pourrait vider de son sens la proposition de loi sur la prostitution, pourtant votée par l'Assemblée nationale, après son examen ce lundi.

Tandis que la proposition de loi prévoyait d'abroger le délit de racolage instauré par Nicolas Sarkozy, et de pénaliser en contrepartie des clients, la commission spéciale du Sénat a bouleversé la donne: elle a réintégré le délit de racolage, pourtant décrié par les associations sur le terrain, et a rejeté toute sanction des clients. Elle a aussi donné un avis défavorable à un amendement du parti socialiste visant à interdire l'achat d'un acte sexuel.

"Autrement dit, elle propose de laisser dans l'impunité les clients-prostitueurs et de rétablir la répression contre des personnes prostituées", résume l'association Zéromacho, un réseau international d'hommes pour l'égalité femmes-hommes qui a qualifié de "manipulation" le résultat des travaux de la commission présidée par l'UMP Jean-Pierre Vial.

La mesure socialiste ne fait pas l'unanimité dans le milieu associatif

Le texte initial, adopté en décembre 2013 par l'Assemblée, prévoyait de punir l'achat d'acte sexuel d'une contravention de 1.500 euros, une mesure soutenue par une tribune de médecins.

Ce changement prévu ne faisait pourtant pas l’unanimité. Certaines associations, comme Médecins du monde, estiment en effet que cette mesure aurait le même effet que le délit de racolage, en poussant les prostituées vers la clandestinité.

Une autre partie du texte fait en revanche consensus. La proposition prévoit des mesures d'accompagnement social et professionnel pour celles qui veulent quitter la prostitution. Le gouvernement s'est engagé à financer à hauteur de 20 millions d'euros par an ce parcours de sortie, qui serait chapeauté par une association agréée. La question demeure néanmoins sur les moyens, puisqu'une partie doit provenir des amendes des clients.

J.S avec AFP