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Motion de censure: "On prendra une décision collective", prévient Filippetti

La députée PS de Moselle a commenté mardi soir sur BFMTV l'utilisation du 49.3 pour faire passer le projet de loi travail. Cette proche des frondeurs n'a pas indiqué si elle voterait la motion de censure déposée par la droite. Elle a toutefois précisé qu'une réunion se tiendrait ce mercredi pour prendre une décision collective.

Votera-t-elle la motion de censure? Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, a réagi mardi soir sur BFMTV au recours du gouvernement à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer le projet de loi travail. La députée PS de Moselle, proche des frondeurs, a estimé que l'usage du 49.3 était un moyen de "nier le Parlement".

"Une négation du Parlement"

L'élue socialiste a regretté que depuis le début de l'examen du projet de loi, aucun amendement n'ait pu être débattu et voté. "Il y a une négation du Parlement pour un texte qui, par ailleurs, prétend renforcer le dialogue social. C'est très paradoxal", a-t-elle souligné.

Selon l'ancienne ministre, "on veut mettre sur le dos des frondeurs, l'échec du gouvernement sur cette loi". Elle a rappelé que le texte ne reçoit pas l'assentiment de la majorité des organisations syndicales et que les Français sont opposés à cette loi à 70% selon des sondages. "Cela va bien au-delà du cercle de ceux qu'on appelle les frondeurs", a-t-elle insisté. 

"Pas de leçons à recevoir"

D'après elle, beaucoup de députés "qui ont été parfaitement loyaux au gouvernement jusqu'à présent" ne voulaient pas voter cette loi. "Ils savaient qu'elle était dangereuse pour les salariés. C'est la raison pour laquelle le gouvernement est obligé de passer par le 49.3", a-t-elle ajouté. D'après ses estimations, même avec les députés Front de gauche et les députés écologistes, "on ne peut pas déposer un texte d'une motion de censure de gauche. Il faudrait 58 députés. Il y a un texte qui est déposé par la droite Les Républicains et l'UDI". 

Sur les accusations d'une éventuelle alliance contre-nature en s'associant à cette motion de censure, elle répond, "ce n'est pas nous qui avons déclaré que nous sommes ni de droite, ni de gauche. La première version du texte, les députés de droite étaient prêts à la voter". La mouvance des frondeurs est "clairement de gauche, nous n'avons pas de leçons à recevoir pour savoir si nous allons voter avec la droite", a-t-elle lâché. "On se réunira demain tranquillement et paisiblement et on prendra une décision collective avec l'ensemble de ceux, en étant au parti socialiste, sont opposés à ce texte", a-t-elle conclu.

E. M.