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Claude Bartolone favorable au vote obligatoire pour "irriguer" la démocratie

Claude Bartolone à l'Assemblée le 5 février 2014. Le président de l'Assemblée se dit pour le vote obligatoire.

Claude Bartolone à l'Assemblée le 5 février 2014. Le président de l'Assemblée se dit pour le vote obligatoire. - Patrick Kovarik - AFP

Dans son rapport sur l'engagement républicain, le président de l'Assemblée se dit favorable au vote obligatoire "lors de toutes les élections". Une "piste" visant à "irriguer la démocratie".

Claude Bartolone relance le débat sur le vote obligatoire. Dans ses propositions visant à renforcer l'engagement républicain après les attentats de janvier, le président de l'Assemblée se dit favorable à "l'instauration du vote obligatoire lors de toutes les élections". L'écologiste François de Rugy avait lui aussi fait une proposition de loi en ce sens en mars dernier.

Ce n'est pas la première fois que le patron de l'Assemblée se dit favorable au vote obligatoire. Mercredi, après avoir rendu son rapport sur l'engagement républicain à François Hollande, il répète sa conviction: "Je crois que l'on pourrait engager cette démarche parce que la démocratie s'entretient, s'irrigue. Je ne connais pas de meilleure moyen de l'arroser que de dire: je participe avec la goutte que représente mon bulletin de vote pour lui permettre de croitre".

Une "piste" contre le Front national?

Une position partagée par le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui y voit "une piste" pour lutter contre le Front national. "Le problème posé aux partis républicains, ce n'est pas les voix du FN, c'est l'abstention", disait-il le 15 mars dernier sur France 5. "Si nous passons de 56, 55, 60% d'abstention à 40% ou même en-dessous, vous verrez que le problème du FN sera certes important mais vous verrez qu'il sera moins fort qu'aujourd'hui".

Quelque 27 parlementaires, un panel d'une vingtaine de citoyens ainsi que la fondation Jean Jaurès ont participé à la réflexion de Claude Bartolone. Le président de la fondation, longtemps hostile "à titre personnel" au vote obligatoire, a d'ailleurs changé d'avis sur le sujet. Dans une note parue le 16 mars sur le site du Journal du dimanche, Gilles Finchelstein explique que "le contexte a changé", et voit trois bénéfices à cette mesure: "renforcer la légitimité de notre démocratie", "inciter à s'intéresser à la chose publique" et enfin "défendre une certaine conception de la République".

Quant à la possibilité d'une sanction, corollaire au vote obligatoire, elle n'est pas encore fixée. "Il faut d'abord voir si le président retient cette proposition, et dans ce cas nous verrons quel type de sanction adopter", avance Claude Bartolone. "Mais j'ai regardé ce qui se passait ailleurs: de la Belgique à l'Australie, qu'il y ait sanction ou pas, dès le moment où on dit qu'il y a vote obligatoire, la participation augmente".

Des énarques en stage en banlieue

Selon un sondage Harris Interactive paru mercredi matin, 56% des Français se disent favorable à cette mesure. Déjà proposée à plusieurs reprises à l'Assemblée et au Sénat par des parlementaires de droite comme de gauche, elle n'a pourtant jamais été adoptée.

Outre le vote obligatoire, le rapport de Claude Bartolone contient d'autres propositions, comme par exemple la reconnaissance du vote blanc, complémentaire au vote obligatoire, l'envoi d'énarques en stage dans des structures scolaires ou associatives de banlieue. 

Le président du Sénat, l'UMP Gérard Larcher, a également travaillé sur le sujet à la demande de François Hollande. Dans son rapport, il préconise notamment un réexamen des "politiques de 'immigration" et des "règles du droit au séjour", "faute de quoi les communautarismes fragiliseront durablement la nation (...)". "Nos rapports sont complémentaires", juge Claude Bartolone. Mais malgré une entente de façade affichée mercredi, les deux hommes ne sont pas arrivés ensemble à l'Elysée. Depuis que Claude Bartolone s'est dit pour la suppression du Sénat, leurs relations ne sont plus au beau fixe.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV