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Larcher considère qu'"il ne lui est plus possible" de travailler avec Bartolone 

Gérard Larcher et Claude Bartolone

Gérard Larcher et Claude Bartolone - STEPHANE DE SAKUTIN - AFP

Le président UMP du Sénat n'a pas apprécié que son homologue de l'Assemblée nationale propose jeudi sur BFMTV la "fin du bicamérisme", et par conséquent la fin du Sénat. 

Le président UMP du Sénat, Gérard Larcher, estime qu'"il ne lui est plus possible" de travailler avec son homologue socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, en raison de leur "profond désaccord de conception institutionnelle". "M. Bartolone a fait ce matin (jeudi sur BFMTV, ndlr) une déclaration sur sa volonté de faire disparaître le Sénat en tant qu'institution parlementaire, à un moment au contraire où il aurait dû avoir une attitude propice au rassemblement et à l'unité, selon le voeu du Président de la République", a-t-il reproché. Celui-ci s'est dit favorable à un "rapprochement, sur le modèle allemand", de la Haute-Assemblée avec le Conseil économique, social et environnemental (Cese).

"Nous n'avons pas la même conception des institutions", poursuit Gérard Larcher. "J'avais rendez-vous ce matin avec lui (Claude Bartolone, Ndlr) pour travailler ensemble sur la mission que nous a confiée François Hollande après les attentats sur l'engagement républicain et le sentiment d'appartenance à la nation. Constatant le profond désaccord de conception institutionnelle entre le président de l'Assemblée nationale et moi-même, je ne lui ai fait savoir que le travail en commun sur cette mission n'était plus en conscience possible".

Bartolone pour "la fin du bicamérisme"

Jeudi matin, sur RMC et BFMTV, Claude Bartolone a déclaré être "pour la fin du bicamérisme sous cette forme" et en faveur du rapprochement du Conseil économique, social et environnemental et du Sénat pour avoir un Bundesrat à l'allemande qui s'intéresserait beaucoup plus au long terme", répétant des propositions qu'il avait émises dans son livre publié en octobre, Je ne me tairai plus.

Interrogé sur une "suppression du Sénat en tant que Sénat", l'élu de Seine-Saint-Denis a répondu: "En tant que Sénat tel qu'on le connaît aujourd'hui, je redécouvre les textes des propositions du général de Gaulle à l'époque, je trouve qu'il y avait déjà de bonnes idées".

Les deux hommes s'étaient déjà opposés sur la question du maintien des deux chaînes de télévision - LCP (La Chaîne parlementaire) et Public Sénat - et plus récemment à propos du prix remis à l'élu frontiste Steeve Briois. Une cérémonie boycottée par Claude Bartolone et au cours de laquelle Gérard Larcher avait été désigné "sénateur de l'année".

S.A. avec AFP