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Politique

"On fabrique des maladies": les propos anti-vaccin de Jean-Marc Governatori, candidat à la primaire écologiste, passent mal

Jean-Marc Governatori, coprésident de "Cap Ecologie", le 17 mars 2021 à Nice

Jean-Marc Governatori, coprésident de "Cap Ecologie", le 17 mars 2021 à Nice - Valery HACHE © 2019 AFP

Dans une vidéo publiée sur Facebook cette semaine, le conseiller municipal de Nice affiche clairement son opposition à la vaccination obligatoire. Une sortie qui gêne au sein des écologistes.

La vidéo de cinq minutes a déclenché l'ire de plusieurs responsables politiques. Jean-Marc Governatori, candidat de l'Alliance écologiste indépendante à la prochaine primaire écologiste en septembre, s'est attiré de nombreuses critiques après ses propos sur la vaccination contre le Covid-19.

"Ça prépare les maladies les plus graves"

"Puisque le vaccin est si efficace, il protège donc bien les personnes vaccinées, donc pourquoi vouloir emmerder les non-vaccinés comme moi?", s'est-il d'abord interrogé dans cette vidéo publiée sur Facebook. Avant d'enfoncer le clou quelques instants plus tard, faisant notamment un rapprochement entre le cancer et la vaccination.

"Quand on nous dit, 'vaccinez-vous et tout ira bien', on fabrique des maladies. Pourquoi? À partir du moment où 'vaccinez-vous, tout ira bien', on se fiche de son corps, on fait n'importe quoi. On peut fumer, on peut boire, c'est pas grave il y a la vaccination. Ça n'incite à aucune éducation à la santé, ça n'incite à aucune discipline. Donc, ça prépare les maladies les plus graves : les cancers et les maladies cardiovasculaires", affirme l'élu municipal niçois.

"Une stupidité hallucinante"

Une sortie condamnée au sein des instances d'EELV. "Nous sommes pour la vaccination et d'ailleurs chez nous, même Michèle Rivasi. La résistance au vaccin est très faible chez les militants et les sympathisants d'EELV", a assuré Alain Coulombel, porte-parole d'EELV, auprès du Figaro.

Sur Twitter, le député écologiste du Maine-et-Loire Mathieu Lorphelin a dénoncé "des propos inacceptables et qui n'ont rien à voir avec l'écologie". Conseiller régional écologiste des Hauts-de-France et coordinateur du parti Génération.s, Benjamin Lucas a, pour sa part, déploré des propos "d'une stupidité hallucinante" et "dangereux".

"Les tenir vêtu d’une écharpe tricolore - dont on se demande d’ailleurs à quel titre elle est portée - amplifie le caractère nocif du discours. Condamnation totale", a-t-il ajouté.

Interrogé par l'AFP à ce sujet, Jean-Marc Governatori a assuré n'être "absolument pas anti-vaccin mais totalement opposé à la vaccination obligatoire et au pass sanitaire".

Une candidature qui détonne

Cette nouvelle polémique vient en tout cas encombrer un peu plus Europe-Ecologie-Les Verts, déjà gêné par la candidature du Niçois. Ex-entrepreneur dans les meubles discount, candidat divers droite à de multiples élections et défenseur de nombreuses causes au fil des ans, Jean-Marc Governatori détonne dans la galaxie écologiste.

Après l'exclusion du parti de Corinne Lepage (Cap 21) -qui lui apportait 18 des 28 parrainages nécessaires- de la primaire écologiste début juillet, le centriste Jean-Marc Governatori ne figurait plus dans la liste des candidats. Mais le 29 juillet, la justice a ordonné aux organisateurs de la primaire de l'intégrer en validant les parrainages dont il se prévaut.

Jean-Marc Governatori était également parti seul pour l'élection régionale en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, quittant la liste emmenée par EELV au lendemain d'une union avec le PS et le PCF. Il s'était dit prêt à un accord avec le président sortant LR avant même le premier tour, lors duquel il a récolté 5,3% des suffrages.

Le premier tour de la primaire écologiste de la présidentielle est prévu du 16 au 19 septembre, le deuxième tour du 25 au 28. Outre Jean-Marc Governatori, le maire de Grenoble Eric Piolle, l'eurodéputé Yannick Jadot, la députée Delphine Batho et l'ancienne numéro deux d'EELV Sandrine Rousseau seront aussi en lice.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions