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OGM: levée de boucliers devant l'autorisation du Mon810

Les responsables politiques et les associations écologistes ont immédiatement réagi à la décision du Conseil d'Etat.

Les responsables politiques et les associations écologistes ont immédiatement réagi à la décision du Conseil d'Etat. - -

Associations et responsables politiques se disent "choqués" de la décision du Conseil d'Etat et demandent au gouvernement d'agir au plus vite pour interdire de nouveau le maïs transgénique en France.

Les réactions ne se sont pas fait attendre après la décision ce jeudi du Conseil d'Etat de suspendre l'interdiction de cultiver du maïs transgénique Mon810 sur le territoire français.

EELV "scandalisé"

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a dégainé immédiatement. "EELV est consterné et scandalisé par cette décision, qui se fait au mépris de la santé humaine, de la santé animale et de l'environnement", écrivent les écologistes dans un communiqué. "Celle-ci survient moins de deux semaines après que Monsanto ait annoncé qu'elle allait retirer toutes ses demandes d'homologations (en cours) de nouvelles cultures OGM dans l'Union européenne en raison de l'absence de perspectives commerciales", ajoutent-ils.

José Bové, grand pourfendeur des OGM, a déclaré qu'il n'était "pas trop inquiet" sur les suites qu'allait donner le gouvernement à cette annulation. Il a expliqué qu'il avait évoqué récemment la décision prévisible du Conseil d'État avec les ministres de l'Agriculture et de l'Écologie, Stéphane Le Foll et Philippe Martin. "Les deux ont rappelé de manière très claire que la France continuerait à interdire le maïs MON810", a dit José Bové. Pour l'eurodéputé, la décision du Conseil d'État "montre bien qu'il faut renforcer encore la législation européenne sur la question des OGM alors qu'on est dans un paradoxe, on a une législation qui permet leur culture et on a une majorité de pays qui les interdit".

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, n'est pas surpris de la décision du Conseil d'Etat. Il estime sur France Info qu'il faut "l'interdiction pure et simple des maïs OGM" et arrêter avec les "suspensions". Pour lui, la question est d'ordre plus général: "Est-ce que c'est cette alimentation là qu'on veut? (...)une alimentation produite par la chimie et la pétrochimie?"

Levée de l'interdiction sur le maïs #OGM : ils s'obstinent à marchandiser le vivant. Nous nous obstinerons à les en empêcher. #Monsanto
— Jeunes Écologistes (@Jeunes_Ecolos) August 1, 2013

Le gouvernement appelé à passer "aux actes"

Corine Lepage, députée européenne et fondatrice du parti écologiste Cap21, a estimé qu'"il est temps d'arrêter de nous prendre pour des cobayes", tout en détaillant les moyens de contourner la décision du Conseil d'Etat sur France Info. La députée européenne a rappelé que les études sur l'impact des OGM sur la santé étaient "notoirement insuffisantes".

L'Union nationale des apiculteurs français (Unaf), la Confédération paysanne, la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab) et plusieurs ONG ont de leur côté appelé jeudi le ministre de l'Agriculture à passer "aux actes" après l'annonce de la levée de l'interdiction du maïs OGM de Monsanto. "Le ministre de l'Agriculture prône l'avènement d'une agro-écologie, résolument opposée au monopole alimentaire des firmes agroproductivistes", écrivent dans un communiqué tous ces acteurs opposés aux OGM, avant d'inviter le ministre à passer "des paroles aux actes".

"Pour être cohérent, le gouvernement doit refuser sur nos territoires les cultures de plantes génétiquement modifiées", ajoutent-ils. "Nous attendons du gouvernement des mesures d'interdiction définitive des cultures d'OGM", grâce à "des mesures qui ne doivent plus prêter le flanc à des arguties juridiques."

"Un déni de démocratie"

Pour Olivier Belval, président de l'Unaf, la levée de l'interdiction est "choquante, c'est un déni de démocratie imposé par les firmes semencières comme Monsanto, cela montre que le système de mise sur le marché des OGM est fait de telle sorte qu'il peut bâillonner une opinion publique et interdire une décision politique".

"Il n'y a pas urgence car les prochains semis ne se feront pas avant des mois, mais il faut rapidement une position claire du gouvernement pour décourager toute commande de cet OGM", a ajouté le responsable de l'Unaf.

Une décision sera prise "avant les prochains semis qui auront lieu entre avril et juin 2014" concernant l'avenir du maïs OGM MON810, dont le Conseil d'État a suspendu jeudi l'interdiction de culture, ont annoncé les ministres de l'Agriculture et de l'Environnement.

A.D. avec AFP