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Notre-Dame-des-Landes: un référendum qui laisse perplexe

Des opposants au projet d'aéroport, rassemblés à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, s'apprêtent à partir pour Paris, le 21 novembre 2015.

Des opposants au projet d'aéroport, rassemblés à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, s'apprêtent à partir pour Paris, le 21 novembre 2015. - Jean-Sébastien Evrard - AFP

François Hollande a promis un référendum local sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Si certains applaudissent, d’autres remarquent un nouveau manque d’autorité du chef de l'État. Tous s’interrogent en revanche sur cette consultation, plutôt rare.

Le projet de Notre-Dame-des-Landes verra-t-il un jour le bout de la piste? Lors de son interview télévisée jeudi soir, François Hollande a annoncé l’organisation d’un référendum local avant octobre portant sur la question épineuse de ce projet d’aéroport. Mais cette solution démocratique interroge toujours.

Opposé à Notre-Dame-des-Landes, le député écologiste François de Rugy salue la décision du chef de l’État. "Je ne crois pas à une victoire par chaos", a-t-il affirmé sur BFMTV. L’élu de Loire-Atlantique est favorable à la tenue d’un débat avant que la consultation aux urnes ait lieu.

"Mais c’est au citoyen d’avoir le dernier mot. Quand on n’arrive pas à en sortir, comme c’est le cas depuis années, la légitimité des électeurs, c’est la meilleure", conclut François de Rugy.

Un marchandage avec les Verts?

Du côté des défenseurs du projet, l’initiative du chef de l’État est tout sauf une surprise. "Le Président n’a fait que reprendre in extenso la proposition des Verts", déplore André Tameza, le porte-parole des "Ailes pour l’Ouest", laissant sous-entendre un marchandage avec les écologistes ayant intégré le gouvernement lors du remaniement.

"Nous attendions du Président qu’il se comporte en homme d’État en faisant appliquer les décisions de justice et en faisant évacuer les quelque 200 guerreros qui sont sur la zone pour que les travaux commencent", a-t-il ajouté sur BFMTV.

Qui sont les concernés?

Dans son annonce, le président de la République a indiqué qu’il s’agirait d’un "référendum local" mais ne s’est pas attardé sur les concernés par la consultation aux urnes. "Le périmètre est très important", note Yannick Jadot, députée européen EELV.

"Il y a deux régions qui sont concernées par le projet: les Pays de la Loire et la Bretagne. Si ce ne sont pas les deux régions qui votent, il y aura une sorte de mascarade démocratique", estime l’opposant à Notre-Dame-des-Landes.

Même si l’idée d’un référendum ne le convainc pas, André Tameza reste néanmoins optimiste sur l’issue du scrutin.

"Les habitants de Loire-Atlantique sont de gens qui voteront pour la modernité et non pas pour le retour au passé", prédit le porte-parole des "Ailes pour l’Ouest".

Le blocage du projet d’aéroport se poursuit inlassablement depuis une cinquantaine d'années. Censé à l’origine ouvrir ses portes en 2017, le projet est à l’arrêt depuis novembre 2012. Les anti se mobilisent et refusent la destruction de 1.600 hectares de zone humide et de terres agricoles. Ils proposent la modernisation de l’actuelle plate-forme aéroportuaire (Nantes Atlantique).

Pierjean Poirot avec Antoine Heulard