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NKM, Vallaud-Belkacem: quand les jeunes ténors quittent la politique pour le privé

Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l'Education, le 14 décembre 2016 à l'Elysée à Paris.

Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l'Education, le 14 décembre 2016 à l'Elysée à Paris. - Eric Feferberg - AFP

A gauche comme à droite, l'année 2017 et ce début 2018 voient plusieurs figures de partis, encore jeunes, quitter la politique pour se lancer dans le privé.

En cette nouvelle année, Nathalie Kosciusko-Morizet cherche du travail. En quête d'un poste dans le privé, en plus de ses cours à Polytechnique, NKM arrête également la politique, "au moins pour quelques années". Cette parenthèse fait écho à celle d'une autre quadragénaire, dont l'année 2017 a aussi été celle des défaites électorales: Najat Vallaud-Belkacem.

L'ancienne ministre socialiste a annoncé début janvier qu'elle ne briguerait pas la tête du PS et que pour le moment, elle avait "toujours en (elle) autant d'engagement qu'auparavant", mais qu'elle ressentait "le besoin de l'exprimer autrement". Soit, pour le moment, à la tête d'une collection d'essais aux éditions Fayard.

En situation d'échec politique après une carrière pourtant brillante au sein de leurs formations respectives, leur cas évoque pour Eddy Fougier, politologue et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), ceux d'Arnaud Montebourg, Lionel Jospin, ou François Fillon.

"Aujourd'hui, faire de la politique n'est pas très gratifiant"

"Ça donne le sentiment malgré tout qu'aujourd'hui, la politique n'est peut-être plus aussi attractive qu'elle pouvait l'être auparavant", constate Eddy Fougier. "Jusqu'aux années 80-90, le Graal était pour des diplômés de Sciences Po, l'ENA ou Polytechnique, de faire de la politique, devenir ministre, avec des profils à la Laurent Fabius ou à la Alain Juppé", analyse-t-il.

Alors qu'aujourd'hui, "faire de la politique n'est pas très gratifiant d'un point de vue matériel", remarque le politologue. "Vous n'avez pas beaucoup de reconnaissance, vous vous faites insulter sur les réseaux sociaux, ou même agresser dans la rue", rappelle-t-il, évoquant l'agression de NKM lors de la campagne des législatives en juin dernier. Sans compter qu'au sein même des partis, anciennes voies royales, "les portes ne sont pas nécessairement grand ouvertes ou les perspectives ne sont pas très florissantes", note-t-il.

A l'heure où plusieurs personnes issues de la société civile se retrouvent au gouvernement, se retirer quelques années dans le privé n'est-il pas un moyen de reconquérir son électorat?

"Ça ne peut pas être négatif pour leur ambition politique"

En mai 2017, Marion Maréchal-Le Pen a quitté la vie politique pour se lancer dans le privé, l'éducation plus précisément, et compléter sa formation.

"Prendre le pouvoir dans le parti, ça n’est pas possible avec une candidate, Marine Le Pen, qui a rassemblé 10 millions d’électeurs au second tour", estimait notre éditorialiste Christophe Barbier à l'époque.

Le privé se présente donc comme une opportunité d'attendre quelques années, peut-être un changement dans le paysage politique, avant de revenir sur le devant de la scène politique.

"Il y a sans doute une carte à jouer. Aujourd'hui, on l'a vu dans la composition des différents gouvernements d'Edouard Philippe, il y a une prime à l'expertise, à l'expérience, on va effectivement faire appel à des professionnels pour exercer des activités ministérielles", remarque Eddy Fougier. "Ça ne peut pas être négatif pour leur ambition politique, si ambition il devait y avoir", conclut le chercheur. 

Liv Audigane