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NKM oppose sa "droite du progrès" à celle "des peurs", et tacle Poisson

Nathalie Kosciusko-Morizet sur le plateau de BFM Politique.

Nathalie Kosciusko-Morizet sur le plateau de BFM Politique. - Capture d'écran BFMTV.

Invitée sur le plateau de BFM Politique ce dimanche, Nathalie Kosciusko-Morizet a tracé le portrait robot de la droite qu'elle appelle de ses voeux, et s'en est pris aux conservateurs.

Elle ne voulait pas vraiment attaquer ses concurrents. Mais un peu, quand même. Interrogée par Apolline de Malherbe au micro de BFMTV ce dimanche, la députée élue dans l'Essonne et candidate à la primaire de la droite et du centre, Nathalie Kosciusko-Morizeta opposé deux droites. Celle issue d'un courant progressiste, et celle conservatrice. L'occasion, également, d'attaquer son concurrent Jean-Frédéric Poisson, dont elle réprouve les propos évoquant des "lobbies sionistes" aux Etats-Unis.

Nathalie Kosciusko-Morizet et la théorie des deux droites

Selon notre invitée, il y aurait donc d'un côté, une droite "de mouvement, de progrès" d'inspiration néolibérale, qu'elle souhaite incarner:

"Aujourd'hui, on a un Etat très vertical, très hiérarchique. Mais à présent, les énergies, les initiatives, la créativité, elles sont dans la société civile, pas dans la politique. L'Etat doit désormais organiser le cadre où elles vont se développer. Je ne dis pas qu'il ne faut plus d'Etat. Je dis qu'il doit se positionner autour d'autres missions, comme l'éducation ou la formation."

En face de cette vision des choses, Nathalie Kosciusko-Morizet évoque une famille politique qu'elle dépeint comme "une droite de conservation, qui joue sur les peurs, se complaît dans le confort des racines", à travers laquelle elle vise, sans les nommer, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Jean-François Copé et consorts. Elle ajoute:

"Tout d'abord, croyez-vous que les Français se passionnent pour la déchéance de nationalité, le burkini? Je ne crois pas. Et puis aucun de ces débats n'a servi à rien. C'est peut être mon côté ingénieur, mais j'aime bien les choses qui marchent."

NKM ne veut pas parler de Poisson... mais quand même

Même si Nathalie Kosciusko-Morizet assure qu'il ne s'agit pas d'une question de personne, un des prétendants concentre particulièrement ses critiques: Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD). Elle est ainsi revenue sur la polémique dans lequel celui-ci est embourbé depuis ses propos présumant "une soumission" d'Hillary Clinton aux "lobbies sionistes". Elle rappelle qu'elle a saisi la Haute Autorité de la primaire pour statuer sur ces déclarations mais réfute chercher l'exclusion du candidat de la course:

"La primaire est-elle destinée à servir de support à un débat sur l'existence ou non d'un prétendu lobby sioniste, et la soumission de tel ou tel candidat? Où va-t-on? Je veux une clarification sur ce que sont les valeurs républicaines de la droite et du centre. On demande aux électeurs de signer une adhésion à ces valeurs, ils ont le droit de savoir si ce genre de propos sont compatibles avec celles-ci."

Non à la fusion des droites

La crispation des relations entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson a aussi quelque chose de personnel. La candidate rappelle que son rival a déclaré précédemment se savoir "plus proche de Marion Maréchal Le Pen" que d'elle. Elle ajoute:

"Dans une interview à Valeurs Actuelles, il a appelé à mettre fin au cordon sanitaire autour du Front national, à la fusion des droites. Je m’oppose absolument à ça."

Robin Verner