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Primaire de la droite: Poisson risque-t-il l'exclusion?

Jean-Frédéric Poisson, l'un des 7 candidats de la primaire à droite

Jean-Frédéric Poisson, l'un des 7 candidats de la primaire à droite - Joel Saget -AFP

Après ses propos polémiques sur la "soumission d'Hillary Clinton aux lobbies sionistes", le président du Parti chrétien-démocrate (PCD) risque bel et bien l'exclusion de la primaire de la droite et du centre. Au-delà de cette controverse, il est un personnage à part dans sa famille politique.

Les polémiques collent aux basques de Jean-Frédéric Poisson, engagé dans la primaire de la droite et du centre. Le 19 octobre, le quotidien Nice-matin publiait un entretien accordé par le député élu dans les Yvelines et président du Parti chrétien-démocrate (PCD). Il y confie alors qu’il goûte peu "la proximité" d’Hillary Clinton avec les "super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France".

Le Crif et certains de ses rivaux envisagent son exclusion

L’affaire parvient le lendemain aux oreilles des membres du Conseil représentatif des institutions juives de France (le Crif) et l’organisme se fend d’une déclaration: "Par ses propos nauséabonds, Jean-Frédéric Poisson s'est placé en dehors du cadre de la primaire de la droite et du centre" et demande "aux 14 membres de la commission d'organisation de la primaire de la droite et du centre de prendre une sanction exemplaire à la mesure de la gravité de ces affirmations." 

Autant dire que le Crif réclame à mots couverts l’exclusion du candidat de la primaire de la droite et du centre. Si Jean-Frédéric Poisson est intervenu peu après pour tenter de désamorcer la crise, assurant "l'Etat d'Israël et le peuple juif" de son amitié, ses explications n'ont pas apaisé le climat au sein de son propre camp. Le parlementaire Thierry Solère, président de la commission d’organisation de la primaire, a en effet "condamné avec la plus grande force" les propos de son collègue au Palais-Bourbon. Nathalie Kosciusko-Morizet, également candidate à la primaire, s'est également élevée contre les propos de son rival qu'elle n'estime "ni dignes ni compatibles" avec les valeurs de la droite et du centre. 

La Haute Autorité saisie, réponse à partir du 26 octobre

Saisie par Nathalie Kosciusko-Morizet, la Haute Autorité a d’ores et déjà prévu de s’assembler ce mercredi 26 octobre pour soumettre le cas de Jean-Frédéric Poisson au jugement de ses membres. Sa décision devrait être connue dans la foulée. On sera alors à trois semaines du premier tour de la primaire.

C'est en vertu de l’article 10 que la Haute Autorité va traiter cette affaire. Celui-ci stipule ainsi qu’elle "veille à la régularité des opérations; elle examine et tranche définitivement toutes les réclamations."

Poisson se singularise régulièrement de ses partenaires de droite

Ce collège de juristes indépendants ne se prononcera donc qu'en fonction de ce pour quoi il a été saisi, c'est-à-dire une entorse aux principes dont il est le garant via des affirmations taxées d'antisémitisme. Mais la controverse soulevée par Jean-Frédéric Poisson s'étend au-delà. Celui qui a succédé à Christine Boutin à la tête du PCD est le seul participant à la primaire à avoir défilé dans le cortège de "la Manif' pour tous" le 16 octobre dernier à Paris.

Jean-Frédéric Poisson s'impose aussi comme un personnage singulier au sein de sa famille politique sous d'autres rapports. Ainsi, au milieu d'une droite où le "ni-ni" prévaut lors des entre-deux tours électoraux, il a récemment plaidé pour couper "le cordon sanitaire autour du FN". Désireux de joindre le geste à la parole, Jean-Frédéric Poisson est à l'affiche d'un meeting aux côtés de Robert Ménard, maire d'extrême-droite de Béziers, et de Philippe de Villiers. L'événement doit se tenir le 12 décembre dans la salle de la Mutualité à Paris. 

Une approche qui le conduit à s'éloigner de certaines figures du mouvement "Les Républicains". Comme de Nathalie Kosciusko-Morizet qui s'oppose régulièrement au Front nationalAu printemps dernier, il confirmait ainsi au sulfureux média TV Libertés se savoir "bien sûr" plus proche de Marion Maréchal-Le Pen que de Nathalie Kosciusko-Morizet. Au moins un constat que l'ancienne vice-présidente de l'UMP et Jean-Frédéric Poisson ont visiblement en commun. 

R.V.