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Nicolas Sarkozy attaque la presse, qui se défend

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Devant les députés UMP, Nicolas Sarkozy a accusé plusieurs journaux et l’AFP de ne pas avoir assez relayé la condamnation de Ségolène Royal. Le Parisien se défend.

Hier, Nicolas Sarkozy recevait à huis clos les députés UMP. A cette occasion, il a vivement critiqué les médias, s'attaquant notamment à l'Agence France Presse (AFP), l'Express, ou encore Le Parisien/Aujourd'hui en France. Ils les accuse de ne pas avoir suffisamment relayé la condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire qui l'opposait à deux anciennes collaboratrices. Il a également visé le Journal du Dimanche et l'hebdomadaire Marianne. Marie-Anne Montchamp, députée UMP et ancienne ministre, a déclaré : « Il a fait une charge très importante contre la presse en disant que dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition ».

Ce matin sur RMC, Dominique de Montvalon, directeur adjoint de la rédaction du Parisien, s'est défendu : « Face aux députés UMP hier, il y a eu plusieurs charges de Nicolas Sarkozy. Charges contre le bilan de Jacques Chirac, charges contre l'UMP qui ne se mobilise pas assez au service de la politique présidentielle et gouvernementale, et puis une grande charge contre la presse. Cette fois les médias audiovisuels ont été épargnés ».

« En apparence, Nicolas Sarkozy a fait référence à la condamnation de Ségolène Royal. Dans Le Parisien, on en a parlé, on a été les premiers, vous en avez parlé sur l'antenne, très clairement. Ca va plus loin, Nicolas Sarkozy est très en colère contre la plupart des journaux de la presse écrite, il est persuadé qu'ils adoptent une posture d'opposants, au moment où l'opposition de gauche ne joue pas, à l'en croire, totalement son rôle. Les choses sont tellement passionnelles qu'il faut essayer d'avoir un peu de recul. Il y a trop d'amalgames, de passion, de condamnations... »

« Ne mélangeons pas tout. Nos amis de l'hebdomadaire Marianne font très officiellement de l'anti-sarkozysme leur credo. Ils sont ravis que Nicolas Sarkozy les reconnaisse opposants efficaces. Chacun son statut. L'AFP a été attaquée, nous nous en sentons tout à fait solidaires. C'est une grande maison, indépendante, objective. Pour Le Parisien, j'ai envie de faire comme Sarkozy l'autre jour : est-ce qu'on a pu commettre des erreurs ? Oui, sans doute, on en commet. On n'est pas au-dessus de tout soupçon, on rectifie, on corrige, on tient compte des observations qui sont faites. Nous entendons être un journal indépendant, libre, non militant et nous n'entendons en aucune façon nous glisser dans la peau d'une structure d'opposition ».

« Je pense, au-delà de l'agressivité un peu passionnelle de Nicolas Sarkozy, que ça peut être l'occasion pour les journalistes de s'interroger sur l'écho de discours tactique auprès des français. Je crois que c'est le cas. C'est une façon pour Nicolas Sarkozy de s'inventer des adversaires pour provoquer, dans la situation économique et sociale difficile actuelle, une mobilisation. Il trouve que les députés de sa majorité ne sont pas assez mobilisés, tout comme les militants UMP. Il leur montre du doigt les médias, la presse, et même Chirac. Il y a quelques mois on se demandait si la presse n'était pas trop complaisante, là on tombe dans l'excès inverse ».

La rédaction-Bourdin & Co