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Municipales: comment le gouvernement imagine la journée de vote le 28 juin 

Christophe Castaner

Christophe Castaner - BFMTV

Masque obligatoire, lavage des mains, gestes-barrière, procuration facilitée, le gouvernement a décrit ce vendredi la journée du second tour des municipales qui attendra les votants en même temps qu'il la fixait au 28 juin.

Il ne restait plus grand-chose du suspense qui avait longtemps prévalu. Edouard Philippe l'a définitivement dissipé ce vendredi: le second tour des municipales aura bien lieu, dans les 5000 communes environ où le conseil municipal n'a pas été élu dès le premier volet du scrutin, le 28 juin prochain. Au cours d'un point-presse tenu à l'Hôtel Matignon, il a lancé:

"Les vies économique, sociale, privée, doivent pouvoir reprendre leurs droits face au virus. Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique, elle aussi, doit reprendre tous ses droits." "C’est pourquoi, le 27 mai prochain, nous présenterons au président de la République un décret qui appellera les électeurs pour se rendre aux urnes pour le second tour des élections municipales le 28 juin prochain", a enchaîné le Premier ministre. 

Le chef du gouvernement a cependant prévu un dispositif en cas de résurgence de l'épidémie de coronavirus d'ici à la fin du mois prochain. "La décision d’organiser le second tour le 28 juin prochain est réversible (..) En effet, dans l’hypothèse où ce second tour ne pourrait pas avoir lieu il faudrait garder le temps nécessaire à l’examen par le Parlement du cadre légal qui permettrait d’organiser un nouveau report des élections municipales."

Faciliter les procurations

Cette réserve exceptée, le second tour des municipales ce 28 juin fait désormais figure de certitude dans un calendrier politique plongé dans la brume en plein printemps à cause de la crise. Encore fallait-il en dessiner les contours, en décrire les étapes, dûment encadrées par les diverses règles de prudence et précautions que la circonstance exige. Lors du premier tour des municipales, le 15 mars, à l'orée du confinement, l'électorat, pas encore échaudé mais déjà refroidi, s'était rendu aux urnes en petit comité. Trois mois plus tard, plus familier encore de cette maladie dont on peut espérer qu'elle aura poursuivi son déclin mais non qu'elle aura disparu, il pourrait hésiter bien davantage.

Plus encore, il convient surtout de protéger du virus les citoyens choisissant de voter, comme les assesseurs et les responsables des bureaux. Christophe Castaner, présent aux côtés d'Edouard Philippe, a relayé le Premier ministre afin de planter le cadre de ce second tour. La musique suivie par le ministère de l'Intérieur afin de mener à bien ce scrutin décidément bien importun sera donc binaire: rassurer et tenter de prémunir. Le pensionnaire de la Place-Beauvau a d'abord esquissé la possibilité d'assouplir le fonctionnement de la procuration, notamment au regard de la crainte des populations les plus sévèrement frappées par le coronavirus: 

"Nous allons tout faire pour faciliter le recueil des procurations. Il s’agit d’une organisation adaptée par exemple aux résidents des EHPAD. Il s’agit de permettre aux personnes les plus vulnérables de pouvoir demander la venue d’un officier de police judiciaire à leur domicile afin d’établir une procuration. Nous veillerons à simplifier au maximum du cadre légal le processus."

Masque, gel, distance... et stylo 

Il a ensuite évoqué plus directement l'expérience que vivront les personnes qui fréquenteront un bureau de vote le 28 juin. "Le jour du scrutin, dans les bureaux de vote, toutes les mesures nécessaires seront prises pour assurer la sécurité de tous. Les gestes-barrière et de distanciation physique devront être respectés, le cas échéant par un réaménagement dans les bureaux de vote où de manière plus simple par un marquage au sol", a-t-il introduit. Tout ne sera pas qu'affaire de distance. Les masques seront bien évidemment de la partie également:

"Chaque électeur devra être protégé par un masque de protection - qui pourra être un masque grand public – ils devront également pouvoir disposer d’un gel hydroalcoolique ou encore d’un point d’eau pour sa laver les mains." Les assesseurs seront soumis à la même enseigne: "Enfin les membres du bureau de vote devront porter un masque chirurgical tout au long de l’opération de vote, tout comme les scrutateurs au moment du dépouillement."

Les citoyens devront garder un dernier détail à l'esprit. "Les électeurs seront invités à utiliser leur stylo personnel lors de l’émargement et à manipuler eux-mêmes leur pièce d’identité", a ainsi terminé Christophe Castaner. 

Robin Verner