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Municipales 2020: face aux listes communautaristes, Sébastien Lecornu appelle à "des fronts républicains locaux"

Sébastien Lecornu (photo d'illustration)

Sébastien Lecornu (photo d'illustration) - CHARLY TRIBALLEAU / POOL / AFP

Selon le ministre, face au communautarisme, les réponses "devront être autant politiques que juridiques."

A quelques mois des élections municipales qui se tiendront les 15 et 22 mars prochain, le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu a ce jeudi tiré la sonnette d'alarme dans les colonnes du Parisien.

Inquiet de la possible présence de listes communautaires lors du scrutin, ce dernier a appelé à "des fronts républicains locaux" afin de leur faire barrage ainsi qu'à ouvrir le "débat" sur des conseils municipaux "totalement neutres religieusement."

Au cours de son entretien, Lecornu a expliqué que ces listes sont "minoritaires et doivent le rester", l'ex-LR rallié à LREM appelle toutefois à la "vigilance", au moment où "on voit germer dans certaines villes du Nord", mais aussi à Lyon, Paris ou Marseille "un certain nombre de candidatures potentielles dont on devine clairement l'orientation communautariste".

Les réponses "devront être autant politiques que juridiques" selon lui, face à un phénomène "pernicieux". Il appelle d'abord "tous les partis politiques", y compris le sien, à "prendre leurs responsabilités devant ce fléau", et à "faire des fronts républicains locaux dans les villes où le problème se posera."

"Intraitable" 

Toujours dans les colonnes du Parisien, le ministre a estimé que les partis devront aussi "veiller à ce que leurs candidats, y compris des maires sortants, n'accueillent pas des candidatures qui posent question sur leurs listes", et "lors de la campagne, il faudra dénoncer ceux qui seront tentés de faire rentrer sur leurs listes un certain nombre de personnalités pour draguer un vote communautaire".

Il faudra aussi "être intraitable sur les possibles dérapages verbaux et autres atteintes aux lois de la République en matière de racisme, d'antisémitisme, de révisionnisme, avec poursuites devant les tribunaux aussi souvent que nécessaire", ajoute-t-il, en assurant que "le ministre de l'Intérieur saura prendre ses responsabilités".

Le ministre des Collectivités s'interroge également concernant les espaces "qui doivent rester totalement neutres religieusement": "le conseil municipal doit-il en être aussi" un, comme l'école? "Les maires et maires adjoints ne doivent-ils pas s'abstenir de tout signe religieux ostentatoire (...)", demande-t-il, se disant "prêt à ces débats".

Aujourd'hui, la jurisprudence de la Cour de Cassation n'élargit pas aux conseillers municipaux le devoir de neutralité religieuse des agents publics.

Des mesures dans le temps 

Une fois les élections municipales passées, il s'agira également d'être "vigilants sur les actes susceptibles de remettre en cause la laïcité dans l'organisation des services publics", souligne le ministre, qui suggère également de "démettre" des maires violant les principes de laïcité.

Sébastien Lecornu plaide pour "un renforcement et une systématisation du contrôle de légalité pour casser les décisions non respectueuses de la loi" et la suspension des maires "qui se livreraient à des atteintes caractérisées à la laïcité et qui détourneraient leurs pouvoirs de police". "Si certains vont trop loin ou de manière trop répétée, n'excluons pas de les démettre."

Interrogé pour savoir s'il ne craint pas la stigmatisation de la communauté musulmane, il estime qu'"au contraire (...) c'est pour éviter les caricatures et les stigmatisations scandaleuses" qu'il faut être "intraitable sur l'islamisme politique" et sur "toute forme de détournement d'une religion à des fins politiques."
H.S. avec AFP