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Moscovici : « Sarkozy n’est pas le maître du monde »

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Pierre Moscovici, député PS du Doubs, a sévèrement jugé l’attitude de Nicolas Sarkozy qui souhaite poursuivre son action à la tête de l’Union Européenne.

Invité lundi 27 octobre, le député PS du Doubs Pierre Moscovici a réagi aux propos du président tchèque Vaclav Klaus qui a accusé Nicolas Sarkozy de vouloir « siphonner » la future présidence tchèque de l'Union Européenne : « Je vais vous dire pourquoi je suis d'accord avec les Tchèques. Parce qu'en Europe, nous sommes 27 nations et que ces 27 nations sont égales en droits. La France a tendance à considérer que l'Europe c'est bien quand c'est la France en grand. Nicolas Sarkozy fait preuve d'un peu de mégalomanie. Il a pris tellement goût à présider l'Europe, qu'il souffre que ça s'arrête en décembre ».

Pierre Moscovici a poursuivi en fustigeant l'attitude de Nicolas Sarkozy : « Il a envie que ça continue. Et pour ce faire, il n'hésite pas à faire deux choses. Premièrement, à piétiner les présidences qui suivent, la présidence tchèque et la présidence suédoise, en expliquant qu'au fond ce sont des petits pays minables, incapables de présider l'Europe. Si on commence à dire ce genre de choses, on déforme complètement l'esprit des institutions. La deuxième chose, c'est que pour continuer il n'hésite pas inventer une instance qui n'existe pas : la réunion des chefs d'Etats et de gouvernements de l'Eurogroupe. Il y a un Eurogroupe, présidé légitimement par Jean-Claude Juncker, premier ministre luxembourgeois ».

En tant qu'ancien ministre délégué aux Affaires Européennes, Pierre Moscovici a enfin tenu à appeler au respect des institutions européennes : « On a l'impression que Nicolas Sarkozy veut être maître du monde. Non, Nicolas Sarkozy n'est pas le maître du monde même s'il en a envie, et il veut du coup être le maître de l'Europe. Il faut qu'il respecte l'Europe et les Européens. L'Europe, c'est des institutions, une histoire, d'autres pays que nous. La présidence européenne de Nicolas Sarkozy est réussie à certains égards : il y a de l'énergie, de l'activisme. Alors, qu'il fasse son travail, mais qu'il ne veuille pas tout écraser, ce n'est pas comme ça qu'on gouverne l'Europe ».

La rédaction-Bourdin & Co