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Moscovici : Parisot et Sarkozy tantôt « réveillés », tantôt « inertes »

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En pleine polémique sur les rémunérations patronales, le député socialiste Pierre Moscovici critique l'attitude du Président Sarkozy et de la patronne des patrons Laurence Parisot.

Le député socialiste du Doubs Pierre Moscovici est « en colère ». Derrière le scandale du parachute doré du PDG partant de Valeo, il dénonce « un problème plus général : c'est bien que Madame Parisot aujourd'hui se réveille, mais la semaine dernière elle disait qu'elle ne pouvait et ne voulait pas faire pression sur les chefs d'entreprise. Elle est totalement inerte dès lors qu'il s'agit de faire appliquer un code éthique. Quant au Président de la République, il se réveille dès qu'il s'agit d'aller taper sur quelques patrons qui se comportent mal, mais pas quand il s'agit de toucher au bouclier fiscal qui crée des injustices phénoménales : 755 contribuables qui touchent plus de 15,5 millions d'euros, bénéficient chacun tranquillement de 368 000 euros de ristourne, soit 30 années de SMIC ! Il faudrait que Sarkozy ne soit pas uniquement dans l'émotion et dans la condamnation personnelle, mais qu'on s'efforce de créer plus de justice dans notre système. »

A quand une loi ?

Alors qu'au sein même de la majorité, certains réclament une législation sur les rémunérations patronales, Nicolas Sarkozy reste flou sur ces questions. Et Pierre Moscovici de proposer de règlementer la rémunération des patrons, entre autres : « A partir du moment où un dirigeant fait des conneries, il ne faut pas qu'il en soit récompensé par un parachute doré. Quand une entreprise bénéficie de fonds publics, ce n'est pas logique de distribuer des stocks options aux mandataires sociaux qui lui ont fait perdre de l'argent... Je trouve ça un peu facile. J'ai l'impression qu'on tire des ficelles : un jour on s'attaque à monsieur Morin [Valeo], puis à messieurs Bouton et Oudéa [Société Générale]... mais on refuse de poser le problème général. Il vaudrait mieux qu'il y ait une règle : plafonnement des rémunérations des chefs d'entreprises aidées publiquement, interdiction des stocks options, interdiction des parachutes dorés, et annulation au moins temporaire du bouclier fiscal. »

La rédaction-Les Grandes Gueules