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Mort de Steve Maia Caniço: la gauche réclame que "vérité et justice s'imposent"

Pour beaucoup d'élus de gauche et d'extrême-gauche, la justice doit répondre aux nombreuses questions encore en suspens dans cette affaire.

Quelques minutes après que le corps retrouvé lundi dans la Loire ait été identifié comme celui de Steve Maia Caniço, le jeune homme disparu dans la nuit du 21 au 22 juin dernier à la suite d'une intervention policière polémique, plusieurs élus de gauche, parmi lesquels des élus de la France insoumise ont réagi sur les réseaux sociaux et montré leur indignation. 

"Voilà ce qu’est devenu notre pays", a tonné Jean-Luc Mélenchon, chef LFI dans une publication Facebook ce mardi soir. "Un pouvoir qui ne contrôle plus la police parce qu’il l’a sollicitée pour des tâches dont il ne veut pas assumer la responsabilité politique". 

"À présent je lis qu’on ne 'saurait établir de coïncidence' entre la disproportion de la charge de police et la mort de Steve. Ils nous diront ensuite, je suppose, qu’on ne peut établir de lien entre sa chute dans l’eau et sa noyade, non plus", s'est-il encore indigné sur le réseau social.

C'est le député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel, qui a dans un premier temps eu une pensée pour la famille du défunt, avant d'exiger "la justice pour Steve." À l'antenne de BFMTV, il a détaillé sa pensée en assurant que l'IGPN n'allait pas "régler la question" et a exigé l'ouverture d'une "commission d’enquête sur les circonstances de ce qui s’est passé ce soir-là".

"Pourquoi y a-t-il eu des charges alors que les jeunes rappelaient aux policiers que la Loire était derrière eux? Pourquoi le préfet a laissé faire? Pourquoi en arrive-t-on à la mort d’un jeune pour 30 minutes de musique supplémentaire? La vérité doit être faite sur cette terrible affaire", a-t-il encore détaillé 

Demande déposée le 17 juillet 

Eric Coquerel est rejoint par le député LFI de l'Ariège Michel Larive qui estime que "nous devons vérité et justice à ses proches." En illustration de son message, ce dernier a également publié une proposition de résolution du 17 juillet passé, signée par Jean-Luc Mélenchon et l'ensemble des députés du parti d'extrême-gauche, qui réclamait déjà cette commission d'enquête. 

Cette proposition de commission d'enquête trouve un écho chez le porte-parole du PCF et ancien candidat à la dernière élection européenne, Ian Brossat. Ce mardi après-midi, après la prise de parole d'Édouard Philippe et ce dernier a estimé qu'"à nier l'évidence, on se (couvrait) de honte"... Il souhaite que "toute la lumière soit faite sur ce qui s'est passé et qui restera, pour toujours, une honte."

Plusieurs personnalités politiques ont également réagi à l'instar de l'eurodéputé Yannick Jadot (EELV) qui a exigé que "la vérité et la justice s'imposent".

"Toute la lumière doit être faite rapidement (...) c'est indispensable pour nous toutes et tous, à Nantes et bien au-delà de notre ville, dans toute la France", a aussi demandé la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland.

Pour le mouvement de gauche Ensemble!44, "Steve est mort des suites de l'action insensée de la police contre des jeunes en train de finir de faire la fête de la musique". Puis Olivier Besancenot, président du NPA, a exprimé son indignation dans un tweet: "Steve est mort! Assez de violences policières et de mensonge d'État! Castaner dehors!", a-t-il écrit.
Hugo Septier