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Monsanto: Hulot affirme avoir été la cible de pressions dès son arrivée au gouvernement

Nicolas Hulot.

Nicolas Hulot. - - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

L'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire en a également profité pour égratigner "la plupart des décideurs mondiaux".

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, l'ancien ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot révèle avoir été victime de pressions de la part de l'entreprise américaine Monsanto. Selon lui, il serait devenu la cible de la société productrice du Roundup peu de temps après son arrivée au gouvernement, en mai 2017.

"Quelques mois après que j'ai été nommé ministre, une personne de ma connaissance, haut placée dans une entreprise travaillant dans le domaine de l'environnement et qui pourra confirmer ce que je révèle ici, est venue me voir avec ce message menaçant: Monsanto avait demandé à une officine belge de s'occuper de ma réputation" explique ce dernier à l'hebdomadaire dominical.

Ces révélations apparaissent quelques jours seulement avant le nouveau procès en appel de l'agriculteur Paul François contre la firme, aujourd'hui propriété de Bayer. L'entreprise avait été condamnée en première instance et en appel en 2015, une décision annulée à l'été 2017 par la Cour de cassation.

"Complicité"

Dans son interview, Nicolas Hulot en a également profité pour égratigner "la plupart des décideurs mondiaux" qui selon lui, ne prennent pas assez la mesure des agissements de Monsanto. "Leur silence et leur indifférence valent presque complicité" avance-t-il.

"Je ressens une profonde colère face à l'indulgence dont bénéficie Monsanto: toutes les portes lui sont ouvertes dans la plupart des institutions. Ce lobbying musclé est intense" affirme-t-il encore.

En janvier dernier, la justice avait annulé l'autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360, soulignant que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) avait "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution" en autorisant ce Roundup le 6 mars 2017.
Hugo Septier