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Mélenchon : « Si Hollande me propose d’être Premier ministre, j’y vais »

Jean-Luc Mélenchon invite Arnaud Montebourg à rejoindre le Front de gauche s'il se fait virer du gouvernement.

Jean-Luc Mélenchon invite Arnaud Montebourg à rejoindre le Front de gauche s'il se fait virer du gouvernement. - -

Invité sur RMC et BFMTV ce vendredi matin, Jean-Luc Mélenchon a appelé à manifester contre la politique du gouvernement. Le coprésident du Parti de gauche regrette l’abandon de la loi d’amnistie sociale et accuse François Hollande de lui avoir menti « froidement et délibérément ». Il se dit prêt à devenir Premier ministre et invite Arnaud Montebourg à la rejoindre au Front de gauche.

Coprésident du Parti de gauche et porte-parole du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon était invité ce vendredi matin sur RMC et BFMTV. Le député européen a appelé à une grande manifestation dimanche 5 mai contre l’austérité et la politique du gouvernement et a détaillé le programme qu'il mettrait en place s'il était appelé à être Premier ministre.

Mélenchon Premier ministre ?

8h54 - Jean-Luc Mélenchon : « Il n’y a pas un député socialiste, front de gauche ou écologiste qui ne soit élu sans les voix des autres. Nous sommes un bloc. Si François Hollande me propose d’être Premier ministre, j’y vais immédiatement. Je suis prêt à mettre les mains dans le cambouis ».

8h52 - Jean-Luc Mélenchon : « Nous pouvons dire : regardez cette Europe du sud, elle ne supporte plus cette politique terrifiante que l’Allemagne impose. La France doit aussi mettre dans sa constitution cette règle : on ne prend pas plus que ce que la terre peut apporter. Et si je mets Eva Joly à la lutte contre les paradis fiscaux, la guerre est déclarée dans les trois jours ! »

Ce que serait la politique de Jean-Luc Mélenchon :
8h50 - Jean-Luc Mélenchon : « D’abord, nous convoquons une Assemblée constituante. On élit des députés pour ça, puis on prend des mesures sociales immédiates. On titularise les 820 000 précaires de la fonction publique. On interdit qu’il y ait plus de 5% de précaires dans les grandes entreprises, et 10% dans les petites entreprises. Des millions de gens peuvent avoir un horizon, emprunter, penser aux enfants, à la maison. Puis on vote la loi contre les licenciements boursiers. Voilà les mesures d’urgence. Ensuite, on va voir madame Merkel et on lui dit qu’on ne peut pas faire la politique des vieux retraités allemands pour toute l’Europe. Personne ne lui a jamais tenu tête, je lui dirai qu’on ne fera pas l’Europe contre la France ».

Jean-Luc Mélenchon s’est dit prêt à être Premier ministre pour mener sa politique :
8h48 - Jean-Luc Mélenchon : « Sous Chirac, la cohabitation, avec la politique de gauche qui a permis les 35h, la CMU, était une bonne politique. Il faut sortir du meli melo politicien. Hollande peut faire une cohabitation de gauche. Le même président peut faire une politique de gauche ! »

Sur l’amnistie sociale

8h43 - Jean-Luc Mélenchon : « François Hollande m’a menti froidement, délibérément. Il m’a reçu comme le chef de l’Etat, pas comme ancien copain du Parti socialiste. J’ai commencé par le féliciter d’être là, c’était juste après son élection. L’amnistie sociale s’est toujours faite, Mitterrand, Chirac, on tourne la page d’une présidentielle à l’autre, donc j’avais repris ça, je pensais que ça donnerait au changement de gauche une couleur de gauche. A ma surprise, il me dit que c’est très intéressant, qu’il le mettra dans la conférence sociale. Il me dit d’en parler aux journalistes. Quelques mois plus tard, je lui rappelle l’amnistie sociale. Il me dit "nous allons voir". Il laisse passer le texte d’amnistie sociale malgré les concessions que nous avons fait. Le Sénat l’adopte, et il décide tout seul qu’il n’y en aura pas à l’Assemblée nationale ! Le 16 mai, il y aura peut-être une majorité de parlementaires pour dire oui à l’amnistie sociale ».

Sur la manifestation de dimanche

8h40 - Jean-Luc Mélenchon : « Vous allez voir le niveau de conscience populaire dans notre pays. Je pense qu’on va être au moins 100 000. Ce sera un triomphe à 100 000. Normalement, nous luttons contre la résignation, la démoralisation. Il y a un énorme élan populaire ».

Sur l’affaire Dailymotion

8h39 - Jean-Luc Mélenchon : « Si Montebourg veut défiler avec moi dans la rue, il est le bienvenu. Il aurait sa place naturelle, parce que comme nous il est pour la 6e République, comme nous il n’accepte pas la politique d’austérité. Mais il a fait un autre choix. Je lui dis : nous sommes avec toi chaque fois que tu défendras l’emploi. S’il se fait virer du gouvernement, il sera le bienvenu à nos côtés ».

8h36 - Jean-Luc Mélenchon : « Je soutiens évidemment Arnaud Montebourg, comme je l’avais soutenu pour Florange. Il s’agit de notre indépendance, notre capacité à être souverain, et encourager des techniques d’avant-garde. Brader Dailymotion à Yahoo!, c’est ne plus connaître ses responsabilités. Le patron d’Orange n’a plus qu’un tiroir-caisse dans la tête. Cette manière financière de penser l’économie la tue. Pour définanciariser l’économie, il faudrait que les pouvoirs de vote dans l’entreprise soient dépendants du temps du placement. Si Yahoo! s’empare de Dailymotion, ce n’est pas pour faire des emplois mais pour faire du fric ».

Revivez aussi l'intégralité de l'émission Bourdin & Co de ce vendredi matin.

Mathias Chaillot avec Jean-Jacques Bourdin