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Marlène Schiappa confirme que l'Observatoire de la laïcité va "évoluer" sous une autre "structure"

Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, en avril 2017 à l'Elysée.

Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité, en avril 2017 à l'Elysée. - Patrick KOVARIK / AFP

Invité de Radio J, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté a confirmé ce dimanche que l'Observatoire de la laïcité, créé en 2007, allait "évoluer" vers une nouvelle "structure".

Après plusieurs polémiques, Marlène Schiappa a confirmé ce dimanche que l'Observatoire de la laïcité, créé en 2007, allait "évoluer" vers une nouvelle "structure". Invitée de Radio J, la ministre déléguée chargée de la citoyenneté a réaffirmé la position du gouvernement sur le non-renouvellement de son président, Jean-Louis Bianco, ainsi que de son rapporteur général Nicolas Cadène.

Bianco et Cadène évincés

Interrogé sur cet observatoire, dont ses détracteurs lui reprochent une conception trop ouverte de la laïcité, Marlène Schiappa a déclaré que la dissolution était la piste privilégiée par le gouvernement:

"Le premier ministre m’a demandé de lui faire des propositions d’évolution sur le portage de la laïcité dans l’appareil d’État. J’ai fait des propositions au Premier ministre pour faire évoluer l’Observatoire de la laïcité, pour renforcer le rôle d’une structure, qui ne serait pas forcément un observatoire, mais une structure qui porterait la parole de l’État."

Sur les personnes envisagées pour porter cette nouvelle structure, la ministre prend le soin de ne pas répondre: "La vraie question est quelle structure et quelle feuille de route. La question des personnes est importante mais secondaire."

Elle reconnaît toutefois que le Premier ministre souhaite que Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène aillent au bout de leur mandat, le 2 avril, mais qu'ils ne soient pas reconduits. "Chacun fini son mandat", tranche-t-elle, ajoutant, "Nicolas Cadène a dit dans une interview récente qu’il se voyait dans d’autres responsabilités pour la suite, c’est légitime."

"On ne peut pas se contenter de publication de rapports"

En octobre déjà, Jean Castex avait annoncé son intention de "renouveler" l'Observatoire de la laïcité.

"L'observatoire de la laïcité doit évoluer, parce qu’on ne peut pas se contenter de publication de rapports et de guides pédagogiques pour accompagner l’action du gouvernement", expliquait Matignon, en soulignant, et comme l'illustre l'assassinat sauvage de Samuel Paty, que "la menace contre la République a radicalement changé".

"Il doit évoluer, parce qu'il doit être possible en France de défendre la laïcité sans être taxé d’islamophobie et de défendre la laïcité sans être instrumentalisé politiquement", ajoutaient les services du Premier ministre.

"La volonté du Premier ministre est de renouveler une instance afin qu’elle soit davantage en phase avec la stratégie de lutte contre les séparatismes. À l’évidence cette conception n’est pas partagée par tous et le gouvernement en tirera toutes les conclusions dans les prochains jours", prévenait Matignon.

"L'Observatoire rappelle très strictement le droit"

Jean-Louic Bianco s'était défendu en affirmant que l'Observatoire "n’adjective jamais la laïcité et rappelle très strictement le droit." Il avait également rappelé que l’Observatoire "est à l’origine de la circulaire contre l’islamisme et pour la laïcité de février 2020 et que plusieurs de ses préconisations ont été reprises dans le discours du 2 octobre du Président de la République à propos du projet de loi (sur le séparatisme)."

L'Observatoire est également "à l’origine de l’obligation pour les imams détachés et les aumôniers d’être formés à la laïcité", et a formé "plus de 350.000 acteurs de terrain", ajoute Jean-Louis Bianco qui appelle à "faire bloc" dans "le combat contre l’islamisme et contre tous les fanatismes". Des justifications insuffisantes, aux yeux du gouvernement.

Esther Paolini Journaliste BFMTV