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Marche des libertés : Jean-Luc Mélenchon enfariné avant le départ du cortège à Paris

Associations, syndicats et partis politiques de gauche ont appelé à manifester ce samedi contre la montée des idées de l'extrême droite. Jean-Luc Mélenchon a choisi de défiler à Paris. Le député a été enfariné Place Clichy, peu avant le départ du cortège.

La France insoumise est en première ligne de cette "Marche des libertés", mobilisée ce samedi à Paris et dans les grandes villes de France contre les idées de l'extrême droite, de concert avec le reste de la gauche, mais aussi les syndicats et les associations. Il était donc naturel de voir Jean-Luc Mélenchon attendre que le cortège, évalué à 800 personnes par une source policière en début d'après-midi tandis qu'Eric Coquerel a plus tard évoqué 70.000 manifestants, s'élance de la Place Clichy, où on l'a notamment vu saluer son ancien rival à la présidentielle Benoît Hamon.

Mais Jean-Luc Mélenchon, fragilisé et plus isolé à gauche notamment en raison de déclarations polémiques sur la survenue d'attentats et de faits-divers avant les élections, n'a pas reçu l'accueil qu'il avait sans doute espéré. Peu avant que la manifestation prenne la direction de la Place de la République, il a en effet été enfariné par un homme alors même qu'il évoquait justement le climat de violence entourant actuellement la politique.

L'enfarineur assume son geste mais dit ne pas avoir visé Jean-Luc Mélenchon

"Le blanc, ça me va", a-t-il aussitôt dédramatisé, tout en cherchant à se débarbouiller. "Je n'ai pris que de la farine, je suis vivant, tout va bien", a-t-il ajouté, poursuivant l'interview entamée avant le jet de poudre. Interrogé sur le climat tendu des derniers jours, et la gifle reçue dans la Drôme par le président de la République, il a appelé à l'apaisement : "les paires de gifles, on se les donne dans les urnes".

L'homme ayant lancé la farine a glissé quelques mots à notre antenne après avoir été mis à l'écart par le service d'ordre de la manifestation et peu avant de quitter les lieux. Il a assumé son acte, l'a expliqué par sa défiance envers la classe politique mais a assuré ne pas avoir délibérément visé Jean-Luc Mélenchon. Politiquement, il s'est décrit comme souverainiste. S'il a dit "comprendre" le geste de Damien Tarel, auteur de la désormais fameuse gifle au chef de l'Etat, il a affirmé ne pas cautionner ce genre d'expression violente.

Jean-Luc Mélenchon a reçu un soutien venu d'un bord diamétralement opposé au sien. Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement national dont il est la tête de liste en Île-de-France, a très vite réagi: "Le climat politique est de plus en plus tendu. Il ne vise pas seulement le chef de l'Etat, il vise aussi monsieur Mélenchon. On n'a aucune ambiguïté là dessus. Aucune attaque physique contre des élus, on les condamne de la manière la plus claire qui soit, peu importe qui en est la victime".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV