BFMTV

Malgré les nouvelles accusations de viol visant Roman Polanski, Édouard Philippe ira voir J'accuse

Le Premier ministre, Edouard Philippe, à Paris, le 20 novembre 2019.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, à Paris, le 20 novembre 2019. - BFMTV

Le Premier ministre s'est prononcé sur cette question alors qu'il était interviewé par France Inter jeudi matin, une semaine après la sortie du film.

Alors que Roman Polanski est une nouvelle fois accusé de viol par une femme, Valentine Monnier, qui révèle des faits datant de 1975, le cas du réalisateur divise le gouvernement. Des accusations de violences et de viol qui coïncident avec la sortie en salles du dernier film du réalisateur controversé, J'accuse, consacré à l'affaire Dreyfus.

"Je ne l'ai pas encore vu, mais je vais aller le voir. Je vais aller le voir avec mes enfants", a assumé Édouard Philippe ce jeudi matin sur France Inter. Et ce, en dépit des atermoiements au sein du gouvernement.

"Ils ont le droit, je ne vais pas dire aux membres du gouvernement 'vous allez voir ce film, vous n'allez pas voir ce film'", a tranché le Premier ministre. "J'irai le voir parce que l'affaire Dreyfus est un sujet qui me passionne depuis très longtemps et parce que ceux qui l'ont vu m'ont dit que c'était un bon film", a poursuivi le chef du gouvernement.

Le gouvernement divisé sur la question

Depuis les révélations de Valentine Monnier, le gouvernement est apparu divisé sur le cas Polanski, entre franche prise de position et hésitation. Sibeth Ndiaye et Marlène Schiappa ont par exemple chacune indiqué qu'elles n'iraient pas voir J'accuse, sans appeler toutefois au boycott.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, la ministre de la Justice Nicole Belloubet et son homologue à la Culture Franck Riester sont restés plus ambigus sur leurs intentions. Jean-Michel Blanquer a botté en touche, expliquant aller peu au cinéma en raison "de (ses) fonctions". Avec plus de temps devant lui, irait-il? "Peut-être", a concédé le ministre le 15 novembre sur franceinfo.

"Le sujet m'intéresse beaucoup", a déclaré dimanche la garde des Sceaux dans les colonnes du JDD, indiquant qu'elle irait "sans doute" le voir. "Pour autant, comme l'a dit mon collègue Riester, une œuvre, si grande soit-elle, n'excuse pas les éventuelles fautes de son auteur".

Des propos en effet tenus par Franck Riester le 14 novembre lors des Assises de la parité et de la diversité au cinéma à Paris, sans que le nom de Polanski ne soit prononcé, ni que le ministre de la rue de Valois indique s'il ira ou non voir le long métrage.

Clarisse Martin