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Macron, le risque de l'arrogance?

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - LUDOVIC MARIN / AFP

Avec sa première interview présidentielle télévisée, Emmanuel Macron souhaite faire de la pédagogie et rectifier son image. Il est souvent accusé d'apparaître comme arrogant.

Casser l'image d'un président arrogant, qui ne s'adresserait qu'à la France qui réussit: c'est l'un des objectifs d'Emmanuel Macron pour son entretien télévisé ce dimanche soir.

Alors que les commentaires du chef de l'Etat sur "ceux qui ne sont rien", les "fainéants", ou "ceux qui foutent le bordel" ont permis à l'opposition d'instruire un procès en "mépris de classe" à l'encontre du "président des riches", l'énarque a déjà tenté cette semaine, dans un entretien au journal allemand Der Spiegel , d'arracher cette étiquette de vanité.

"Je ne suis pas arrogant, je suis déterminé", estimait ainsi le chef de l'Etat.

"Faire la part des choses"

Une nuance difficile à faire passer dans l'opinion pour l'énarque, dont le livre programmatique était intitulé Révolution. Dans les premiers mois de son quinquennat, Emmanuel Macron s'est attaché à redorer le blason du monarque républicain, souhaitant incarner une présidence "jupitérienne". Invité de BFMTV, le journaliste de Libération Jonathan Bouchet-Petersen commente:

"C’est à lui de faire la part des choses. Ce n’est pas aux Français de changer. L’élection donne évidemment une légitimité. En revanche, ce n’est pas parce que ça bloque quelques mois plus tard que c’est les Français qui ne comprennent pas. (…) Il faut qu’il donne du cadre, et en même temps pour l’instant il est plutôt dans une posture défensive, à devoir démontrer qu’il n’est pas ce qu’on croit qu’il est en ce moment."

Personnalité du président

Changeant son fusil d'épaule en matière de communication après sa chute libre dans les enquêtes d'opinion, Emmanuel Macron est également confronté, aux yeux du directeur du Point Etienne Gernelle, à son propre caractère face à la solitude du pouvoir.

"Sa principale faiblesse dans la vie, c’est sa susceptibilité, estime Etienne Gernelle sur BFMTV, Il n’aime pas qu’on ne le comprenne pas, qu’on ne soit pas d’accord, que ce soit juste ou injuste d’ailleurs. J’ai tendance à penser qu’il regarde un peu trop la télé, qu’il lit un peu trop les journaux et qu’il écoute un peu trop la radio. Tous les jours vous vous prenez des coups de marteaux sur la tête. Ça l’affect visiblement un petit peu."

Le choix de son bureau personnel, moins marqué par les ores de la République que son bureau "officiel", marque ce souci de simplicité pour cet entretien.

Louis Nadau