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Les quatre sujets chauds de la première interview télévisée d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron répondra ce dimanche soir aux questions de trois journalistes. L'occasion pour le président de faire le bilan sur ces cinq premiers mois à l'Elysée et d'expliquer les prochaines réformes menées par le gouvernement, notamment celle de l'assurance chômage.

Emmanuel Macron sera l'invité dimanche du "Grand Entretien", sur TF1, à 20h05, un entretien en direct d'une heure. Depuis son élection, le chef de l'Etat avait évité les interviews télé, annulant celle devenue traditionnelle du 14 juillet. Mais, depuis cet été, sa popularité a lourdement chuté, passant de 60% d'approbation en juin à 44% en octobre et les critiques se multiplient. Ce dimanche soir, Emmanuel Macron devra donc expliquer le sens de son action politique et aborder ses prochaines réformes. 

Un "président des riches"? 

Dans un premier temps, le président devrait faire le bilan de ses cinq premiers mois au pouvoir et répondre à ceux qui le taxent de mener une politique "pour les riches". Selon un sondage Viavoice de septembre, 53% des Français jugent sa politique économique profitable d'abord aux plus aisés. En cause, sa réforme de l'ISF, qui ne taxera plus que le patrimoine immobilier, et l'instauration d'une taxe à taux unique de 30% sur les revenus du capital. L'allègement pour les plus fortunés totalisera 5 milliards selon le gouvernement, 8 milliards selon l'OFCE.

La gauche et plusieurs syndicats critiquent aussi les ordonnances réformant le code du travail, dont la ratification doit être votée au Parlement en novembre. Pour la France insoumise, cette politique est même perçue comme un "coup d'Etat social". Emmanuel Macron devra donc justifier son projet et prouver qu'il est en mesure de s'adresser à tous les Français. 

Le chantier de "l'assurance-chômage universelle"

Un premier volet social devrait d'ailleurs s'ouvrir dans les prochaines semaines avec notamment le périlleux dossier de l'assurance-chômage. Cette réforme, promise lors de la campagne présidentielle, prévoit une réforme en profondeur de l'assurance chômage, dont l'Unedic, son organisme de gestion, qui accumule 33,6 milliards de dettes et 3,6 milliards de déficits, selon La Tribune. L'objectif phare de cette réforme est d'ouvrir l'assurance chômage à tous en accordant des indemnités aux indépendants et aux démissionnaires.

Mais quelques incertitudes se font déjà sentir et notamment en ce qui concerne le financement d'un tel projet. Selon les estimations du ministère du Travail révélées par Les Échos, l’extension des droits aux seules personnes démissionnaires représenterait un surcoût annuel pour l'Unedic de 3 à 5 milliards d’euros. De leur côté, certains syndicats craignent que l'ouverture d'un droit au chômage pour les personnes ayant choisi de quitter leur emploi se traduise par une baisse des allocations pour tous. 

Quid de l'apprentissage et de la formation?

Le gouvernement amorce également un vaste plan pour la formation et l'apprentissage qui devrait être largement abordé ce dimanche soir. Le gouvernement a déjà promis de mettre 15 milliards sur la table en cinq ans dans le cadre d'un plan d'investissement qui a pour but de former un million de chômeurs de longue durée et un million de "décrocheurs". Emmanuel Macron compte pour cela réformer le CPF, compte personnel de formation. Le chef de l'Etat sera encore attendu sur les contours de la revalorisation de l'apprentissage qui fait également partie de ses promesses. 

Un président arrogant? 

Cette première interview télévisée intervient après de nombreux propos polémiques contre les "cyniques", les "fainéants" ou ceux qui "foutent le bordel". Pourtant, Emmanuel Macron l'a assuré cette semaine à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, il ne s'estime pas "arrogant" mais "déterminé" à réformer. Les téléspectateurs attendront très certainement du président qu'il s'émancipe de cette "arrogance" qui colle à son image présidentielle. 

M.P