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Selon Macron, ses prédécesseurs "n’avaient absolument aucune idée pour l’Europe"

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron - LUDOVIC MARIN / AFP

Emmanuel Macron reproche à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande une absence de vision pour l'Europe.

Emmanuel Macron l'a assuré dans une interview au journal allemand Der Spiegel vendredi: il n'est "pas arrogant". Le chef de l'Etat estime cependant avoir, sur la question européenne, une hauteur de vue dont n'auraient pas joui ses récents prédécesseurs. Le président europhile explique ainsi, dans un long développement:

"Depuis 2005, lorsque la France et les Pays-Bas ont voté 'non' à la Constitution européenne, personne n’a développé de vrai projet pour l’Union européenne. Et certainement pas la France. S’il y a eu des idées, elles sont venues de Wolfgang Schäuble ou Joschka Fischer, et ces idées allemandes ont été catégoriquement rejetées par la France. Je veux mettre fin à cela.
Peut-être que je suis les pas de Mitterrand, qui voulait vraiment construire l’Europe. Mes prédécesseurs, par contraste, pensaient qu’il était meilleur de ne rien dire du tout et de garder toutes les options ouvertes. Cela peut sembler une approche tactique, mais peut-être était-ce simplement qu’ils n’avaient absolument aucune idée pour l’Europe."

Emmanuel Macron attaque ainsi l'absence de vision des précédents locataires de l'Élysée. Le bilan de ces derniers sur la question européenne n'est pas vierge pour autant. Si le traité constitutionnel de 2005, rejeté malgré le soutien de Jacques Chirac, a en effet marqué un coup d'arrêt pour la France dans l'Union européenne, Emmanuel Macron omet de parler du traité de Lisbonne, signé par Nicolas Sarkozy, ou le rôle de François Hollande dans le sauvetage de la zone Euro lors de la crise grecque. 

Louis Nadau