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Levée de l'immunité de Gilbert Collard: Clémentine Autain dénonce des conditions de vote "inadmissibles"

Clémentine Autain élue dans sa circonscription.

Clémentine Autain élue dans sa circonscription. - Patrick KOVARIK / AFP

La députée de la France insoumise invoque la liberté d'expression et dénonce les modalités du vote ayant abouti à cette décision.

Sa décision a surpris. Alors que la levée de l'immunité parlementaire de Gilbert Collard a été votée à l'unanimité par l'Assemblée nationale mercredi matin, une seule députée s'y est opposée: Clémentine Autain. Le député apparenté Front national est accusé d'avoir publié en décembre 2016 des photos de victimes de Daesh sur Twitter. Le bureau de l'Assemblée nationale s'était une première fois prononcé sur la levée de son immunité pour la refuser, en février dernier. Cette fois, 22 voix moins celle de l'élue de la France insoumise ont voté pour. Dans Libération, Clémentine Autain a expliqué mercredi soir les raisons de son choix, invoquant à la fois la liberté d'expression et les conditions du vote en question.

"Le bureau de l’Assemblée nationale n’a pas à statuer sur le fond de l’affaire incriminée. S’il fallait simplement exprimer une condamnation de l’attitude de Gilbert Collard, nous l’aurions fait", explique Clémentine Autain, qui se dit en "total désaccord" avec la publication de ces images. 

"Depuis 1958, seules 17 demandes de levée d’immunité sur 47 ont été acceptées par l’Assemblée nationale, seule à même d’octroyer cette levée", fait-elle valoir.

"Un aménagement de l’immunité peut tout à fait se discuter mais pas en catimini à l’occasion d’un bureau de l’Assemblée nationale", martèle la députée.

Prévenue "la veille au soir"

Elle déplore en outre des conditions de vote "inadmissibles", et notamment un manque de temps pour permettre un véritable "débat de fond". 

"Ce n’est que la veille au soir, à 19h44, que j’ai reçu un mail m’indiquant que nous allions étudier la levée de l’immunité de Gilbert Collard et qu’un dossier serait consultable sur place à 9h30 pour la réunion à… 10h. Voyez comme tout est bien organisé pour éviter un débat de fond, le temps de la réflexion et de la concertation avec notre groupe!", poursuit la députée de Seine-Saint-Denis, qui inclut son parti dans sa décision en utilisant le "nous".

"Notre refus de voter cette levée n’est pas étranger à cette méthode qui s’installe à l’Assemblée, dans un climat où le pouvoir du Parlement est chaque jour un peu plus piétiné", explique-t-elle. 

Charlie Vandekerkhove