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Lettres de François Mitterrand : Anne Pingeot ne sait pas si elle a "bien fait"

François Mitterrand et Anne Pingeot (de dos) se sont échangés des milliers de lettres

François Mitterrand et Anne Pingeot (de dos) se sont échangés des milliers de lettres - Derrick Ceyrac - AFP

La discrète compagne clandestine de François Mitterrand s'explique sur la publication des lettres de l'ancien président. Si un historien a pu la convaincre de transcrire cette correspondance, Anne Pingeot ne sait toujours pas si elle a bien fait.

Quelques jours après la parution de Lettres à Anne (1962-1995), la discrète Anne Pingeot s'explique pour la première fois. Compagne clandestine de François Mitterrand pendant plus de 30 ans, Anne Pingeot s'exprime "avec pudeur mais sans tabou" sur cette histoire d'amour à l'antenne de France Culture. 

"Je ne sais pas si j'ai bien fait" de laisser publier les lettres d'amour de François Mitterrand, confie-t-elle à l'historien Jean-Noël Jeanneney.

"Revivre toute ma vie"

Au départ, explique celle qui fut conservateur au musée d'Orsay, l'Institut François-Mitterrand lui avait demandé, "il y a deux ou trois ans", si elle avait des lettres de l'ex-chef d'État en vue de la célébration, en 2016, du centenaire de sa naissance. Elle a alors rouvert "une correspondance qui a commencé il y a plus d'un demi-siècle". "Et puis je l'ai transcrite, ce qui était à la fois une épreuve et une façon assez étonnante de revivre toute ma vie", raconte Anne Pingeot.

Si, finalement, elle a pris la décision de laisser publier ces plus de 1.200 lettres et le Carnet, c'est parce que Jean-Noël Jeanneney (membre de l'Institut François-Mitterrand) l'a convaincue de le faire. Mais elle confie aussi qu'elle voulait que ces lettres soient publiées de son vivant. 

Accepter l'inacceptable

Sur sa relation avec François Mitterrand, marié et père de famille lors de leur rencontre, Anne Pingeot rappelle le poids des traditions et des familles bourgeoises de l'époque.

"Que n'ai-je entendu, par exemple, sur la vision de la femme... la femme est quelqu'un qui doit être soumis, qui ne doit avoir aucune vie intellectuelle (...) Ce côté de soumission a fait que j'ai accepté au fond l'inacceptable", souligne-t-elle.

Au total, c'est une conversation de deux heures trente qui sera diffusée à 20h sur France Culture, de lundi à vendredi, à raison de trente minutes par jour. Le premier épisode a été mis en ligne ce lundi. 

Mélanie Longuet avec AFP