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Anne Pingeot publie un millier de lettres d'amour écrites par François Mitterrand

François Mitterrand et Anne Pingeot (de dos) ont vécu leur amour en secret.

François Mitterrand et Anne Pingeot (de dos) ont vécu leur amour en secret. - Derrick Ceyrac - AFP

François Mitterand aurait eu 100 ans le 26 octobre prochain. Pour célébrer cet anniversaire, Anne Pingeot publie sa correspondance privée avec celui qui a passé 14 ans à l'Elysée.

D'Anne Pingeot on dit qu'elle était le grand amour de François Mitterrand. Cachée pendant des années, vivant dans le secret avec sa fille, Mazarine, Anne Pingeot a décidé de publier les centaines de lettres d'amour que lui a envoyé le président de la République, dans un livre édité par Gallimard et décrypté par Le Figaro. On y découvre notamment le surnom qu'elle donnait au président de la République, "Cecchino". "Petit François", en italien.

1.218 lettres

Dans les quelque 1.200 courriers édités par Gallimard, pas un n'est signé de la main d'Anne Pingeot. C'était la première condition de celle qui est désormais conservatrice honoraire du musée d'Orsay. Anne Pingeot ne participera pas non plus à la promotion de l'ouvrage, préférant perpétuer autour d'elle le secret qui a entouré les 40 dernières années de sa vie.

Il a fallu un an à la mère de Mazarine Pingeot pour retranscrire et annoter les 1.218 lettres qui composent Lettres à Anne (1962-1995). Pour expliquer ce choix de tout publier, ses proches explique que les 20 ans de la mort de François Mitterrand l'ont convaincue. Mais c'est aussi la disparition de Danielle Mitterrand, l'épouse du président, il y a cinq ans, qui aurait "libéré" Anne Pingeot. Ce livre ne risque plus de blesser personne. 

Un lettré fou amoureux

Au fil des pages se révèle un passionné de littérature et de poésie, mais surtout un homme amoureux fou de la femme qu'il entretient en secret. La dernière lettre envoyée par François Mitterand à Anne Pingeot est datée de septembre 1995. Dans celle-ci, écrite trois mois avant sa mort, il lui écrit qu'elle a été "la chance de sa vie".

La publication de l'ouvrage suscite toutefois des réactions contrastées. Dominique Bertinotti, historienne et ancienne ministre, y voit "le symptôme d'une société inquiétante, redoutable, dans laquelle les responsables politiques ne pourront plus avoir de vie privée." De son côté, Roland Dumas, proche de Mitterrand, assure que le président "n'aurait pas été contre". "On ne peut pas parler de trahison" affirme l'avocat. 

Paul Aveline