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Loi Travail: Fillon met "au défi" Hollande d'organiser un "référendum"

L'ancien Premier ministre a dénoncé l'"instrumentalisation" des syndicats étudiants par les conservateurs de la gauche.

Entre 224.000 et 400.000 à 500.000 manifestants ont défilé dans les rues des villes françaises pour protester contre la loi El Khomri. Le gouvernement de Manuel Valls peut toutefois se féliciter de recueillir le soutien de... la droite. François Fillon, en meeting à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, a jugé "nécessaire" cette réforme qu'il qualifie de "libérale". 

"Je la voterai parce qu'il y a des mesures dans le bon sens même si je trouve qu’elle ne va pas assez loin", estime sur BFMTV le candidat à la primaire de la droite et du centre.

François Fillon apporte une condition à ce soutien parlementaire: "Je ne la voterai pas si la négociation qui s'engage avec les organisations syndicales et avec la gauche de la gauche aboutissait à introduire des mesures qui seraient régressives par rapport à la situation actuelle."

"Se retourner vers les Français"

Mais selon l'ancien Premier ministre, le gouvernement actuel rencontre un problème de méthode. "On est à la fin du quinquennat, le président de la République a été élu sur un programme de gauche (...) et aujourd'hui il sort une réforme libérale", détaille François Fillon, qui dénonce la bataille interne entre Manuel Valls et Emmanuel Macron. Il juge alors que pour se sortir de cette situation, François Hollande doit "se retourner vers les Français".

"Je le mets au défi de poser la question aux Français et d'organiser un référendum sur la libéralisation du travail", lance alors l'ancien Premier ministre.

Interrogé sur les propos de son rival, Nicolas Sarkozy, concernant l'"instrumentalisation" des jeunes par les "conservateurs" de la gauche. "Il y a quelque chose qui ne trompe pas: la totalité des dirigeants des mouvements lycéens finissent leur carrière comme député du Parti socialiste", dénonce François Fillon. "L'instrumentalisation (des syndicats étudiants, NDLR), elle est connue, elle est évidente, elle est transparente", regrette-t-il.

Avant d'indiquer aux jeunes manifestants qu'ils "descendent dans la rue contre leur propre destin, contre leur propre avenir, contre leur propre intérêt".

J.C.