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La droite se divise sur la loi sur le renseignement

Pierre Lellouche, à droite, a invité ses collègues UMP à saisir le Conseil constitutionnel sur la loi Renseignement.

Pierre Lellouche, à droite, a invité ses collègues UMP à saisir le Conseil constitutionnel sur la loi Renseignement. - Dominique Faget - AFP

Si Nicolas Sarkozy avait annoncé que l'UMP voterait la loi sur le renseignement, les élus de son parti ne sont pas tous d'accord sur le texte. Certains annoncent déjà qu'ils ne le voteront pas.

La loi sur le renseignement, dont l'examen doit reprendre après les vacances scolaires, n'a pas attendu la rentrée pour revenir dans le débat politique. L'attentat déjoué dimanche dernier à Villejuif l'a à nouveau projetée dans l'actualité.

Dans la majorité, le message est clair: l'événement justifie d'autant plus le besoin de cette loi. Pour Manuel Valls, elle "aurait donné plus de moyens aux services de renseignement pour effectuer un certain nombre de surveillances" dans le cadre de l'enquête sur le principal suspect, Sid Ahmed Ghlam. Une thèse confortée par le président du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume. "Nouvel attentat déjoué hier et on chipoterait sur la loi renseignement?", se demande-t-il sur Twitter.

Peu d'enthousiasme à droite

Qui sont les élus qui "chipotent"? Si les écologistes et l'aile gauche du PS ont exprimé leur désaccord avec le texte, une majorité de députés UMP devraient en revanche le voter. "Nous voterons cette loi, on ne va pas faire de la politique politicienne sur la sécurité des Français", avait dit Nicolas Sarkozy en mars sur TF1. Le secrétaire général de l'UMP, Frédéric Péchenard, lui a d'ailleurs emboîté le pas jeudi sur France Info: cet ancien directeur de la police nationale est convaincu que "la loi sur le renseignement est absolument nécessaire" et "permet à nos services de renseignement d'être plus précis et efficace". "Il fallait une loi", a dit mardi Nathalie Kosciusko-Morizet, la numéro 2 de l'UMP.

Mais au-delà d'un apparent consensus de la direction du parti, certains élus de l'UMP ne cachent pas leur gêne. Eric Ciotti salue un texte qui "va dans le bon sens", mais le juge "insuffisant". Valérie Pécresse se dit prête à voter le texte, mais avec une nuance: elle souhaite instaurer une clause de revoyure "tous les deux ans, pour vérifier qu'il n'y a pas de dérive de la loi". Sur BFMTV jeudi matin, Henri Guaino regrette lui "le périmètre trop large de la loi". Et indique donc qu'il ne votera pas le texte "en l'état". 

Et il n'est pas le seul. Patrick Devedjian va plus loin. Mardi, il a signé dans Le Figaro une tribune dans laquelle il s'inquiète de voir "une surveillance de masse" s'installer. Les méthodes préconisées par le texte "même légalisées, continueront à porter atteinte aux libertés individuelles", selon cet avocat de profession - qui ne votera pas non plus le texte. Jusqu'où iront les élus en désaccord? Mardi, les députés UMP Pierre Lellouche et Laure de la Raudière ont écrit à leurs collègues pour réclamer une saisine du Conseil constitutionnel. Le texte lui doit être voté le 5 mai.