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Jean-Pierre Raffarin: "Le Front national est notre premier adversaire"

Jean-Pierre Raffarin sur le plateau de BFMTV-RMC, le 11 mars 2015.

Jean-Pierre Raffarin sur le plateau de BFMTV-RMC, le 11 mars 2015. - BFMTV

Invité de BFMTV-RMC mercredi matin, Jean-Pierre Raffarin a alerté sur la montée du Front national dans les sondages. Et d'appeler sa famille politique, l'UMP, à se rassembler largement pour barrer la route de Marine Le Pen en 2017.

Depuis le début de la campagne pour les élections départementales, le Front national semble être la principale préoccupation de nombreux politiques. Après Manuel Valls qui multiplie les messages d'alerte au sujet de la menace que représente le FN, Jean-Pierre Raffarin a également témoigné de son inquiétude face à la montée du parti de Marine Le Pen qui, selon les sondages, paraît survoler le scrutin à venir.

"Je pense que la menace du Front national est réelle mais qu'elle se manifestera aux élections régionales et pas aux départementales", a jugé Jean-Pierre Raffrin, mercredi matin sur BFMTV-RMC. "Je crois que l'enracinement territorial compte et que la marque FN, qui a plutôt une dimension nationale, ne prendra pas lors des départementales", a-t-il poursuivi, s'inquiétant toutefois de la couleur des bulletins "lorsqu'il faudra voter pour les nouvelles super régions".

"Stigmatiser le FN", une stratégie risquée pour Raffarin

"Le FN est notre adversaire premier", devant le PS, a estimé le sénateur UMP de la Vienne. "Je pense qu'on ne peux pas les mettre sur le même plan, qu'on ne peut pas les comparer, a-t-il poursuivi en allusion aux propos de Gérald Darmanin qui avait raillé une proximité supposée entre le FN et le PS. Mais je crois aussi que le PS a une responsabilité dans la montée du FN, y compris en le stigmatisant". Dimanche, le Premier ministre Manuel Valls avait ouvert le feu en affirmant "assumer de stigmatiser Marine Le Pen et le Front national". Une stratégie risquée selon Jean-Pierre Raffarin. "Je pense que dans un pays aux tensions latentes, il faut des personnes qui rassemblent", a-t-il assuré, fustigeant au passage la "brutalité" dont Manuel Valls faisait "parfois usage à l'Assemblée".

Raffarin sur "la ligne Juppé"

Dans ce contexte, un homme semble avoir les faveurs de Jean-Pierre Raffarin à l'approche de la primaire UMP pour désigner le candidat de la droite pour la présidentielle de 2017. "Je suis pour ceux qui veulent rassembler, pas pour le clivage. Le moment venu, on verra, je choisirai. La ligne politique que propose Alain Juppé a toujours été la mienne", a-t-il convenu, refusant toutefois de trancher dès maintenant, et de tendre au passage sa relation avec le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy. Jean-Pierre Raffarin a également rappelé qu'il n'était pas un fervent supporter de cette primaire UMP, estimant qu'il serait plus pertinent d'attendre de voir "si quelqu'un se dégage".

"Le fait nouveau qui est en train de s'installer, c'est que Marine Le Pen peut gagner. Et il y aura des sondages pour savoir qui pourra gagner devant elle. C'est celui-là qu'il faudra suivre", a-t-il lancé. 

S. C.