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Départementales: un scrutin "fondamental" pour le Front national

La présidente du Front national Marine Le Pen

La présidente du Front national Marine Le Pen - Jacques Demarthon - AFP

Marine Le Pen et le FN nourrissent de grandes ambitions pour les élections départementales de la fin de ce mois de mars. Fort de son slogan "premier parti de France" depuis les européennes, le parti politique entend enfoncer le clou face à ses rivaux socialistes et UMP.

29% des voix dès le premier tour des départementales pour le Front national, selon un sondage CSA pour BFMTV. Ce scrutin est l'occasion pour le parti de Marine Le Pen de poursuivre son développement tant en nombre d'élus - avec les risques que comporte une croissance rapide - que de sympathisants. Il lui permettra aussi de peser davantage sur la vie politique française. Signe qu'il pèse déjà, la lutte contre le FN apparaît comme la stratégie choisie par le PS et l'UMP.

> Les ambitions du FN

Le FN croit en ses chances aux élections départementales des 22 et 29 marsMieux, et alors que tous les sondages donnent son parti en tête au soir du premier tour, Marine Le Pen affiche ses ambitions: "Si nous arrivons à dépasser la barre des 20%, alors nous atteindrons un seuil fracassant, celui qui permettra la qualification de nombre de nos candidats au second tour et alors nous serons maîtres de l'élection, nous pourrons peser dans la balance et, avec des victoires, influencer la politique menée dans les départements". Notamment en pesant lors du "3e tour" que constitue l’élection des présidents de conseils départementaux.

"Le Front national est le seul parti à faire campagne sur les attentes des Français, loin des polémiques et des arrangements", assure le vice-président Florian Philippot à BFMTV, qui appelle comme sa chef à ne pas succomber à l’abstention. "Le FN est l’alternative" à l'"UMPS", assurent-ils.

Pour Florian Philippot, ce scrutin est "fondamental" car il s’agit pour son camp d’augmenter encore une fois son nombre d’élus après les municipales et les européennes et de normaliser toujours un peu plus le parti. D’enfoncer le clou puisque le FN affiche son espoir de remporter de nombreux cantons, tout en restant prudent sur sa capacité à gagner des départements, bien que l'Aisne ou le Vaucluse notamment soient dans son viseur.

> Le FN ciblé par autres partis

Les évolutions du mode de scrutin – notamment passer le seuil de qualification au second tour à 12,5% des inscrits – votées sous Nicolas Sarkozy, puis le redécoupage de la carte électorale, voté sous François Hollande, devaient compliquer la tâche du FN mais la tripartisation marquée de la vie politique française a redistribué les cartes. Ainsi, le Front national devrait sortir en tête au premier tour dans de nombreux cantons et atteindre un score élevé immédiatement. Lors des européennes, déjà, le parti de Marine Le Pen était sorti en position de leader dans plus de 70 départements français.

Dans les mots de la campagne, les différents leaders du PS comme de l’UMP ont ainsi fait du FN leur adversaire principal. François Hollande a dit "vouloir arracher les électeurs du Front national" dans un entretien au Parisien. Son Premier ministre Manuel Valls s’est largement engagé dans la campagne et a demandé aux membres de son gouvernement de s’impliquer. Le locataire de Matignon veut "politiser" le débat, rapporte Le Monde. "Je vais beaucoup cibler le FN et le danger qu'il représente", annonce-t-il, en se faisant l'avocat "d'un vote utile et crédible à gauche", comme pour masquer le manque de résultats rapides de sa politique.

Idem à l’UMP, où Nicolas Sarkozy estime, en appelant à sanctionner le chef de l’Etat, que "pour les départementales, voter Front national a conduit à l'élection d'un député socialiste de plus. Voter pour le FN au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second. La seule réalité électorale, c'est le FNPS".

> Le danger du "besoin" de candidats

Le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, s'est félicité mi-février que son parti soit présent dans 93,1% des cantons et auprès de "98,03% de la population métropolitaine" pour les élections départementales. Un maillage national qui sert à marquer un ancrage local fort et à attirer sur des enjeux locaux de nouveaux sympathisants.

Mais cette stratégie de couverture systématique, qui nécessite le recrutement de nombreux nouveaux candidats, comporte son revers de la médaille. Depuis le début de la campagne, des cas de dérapages "homophobes, racistes ou antisémites" ont été constatés. Le FN "fait le ménage" mais, minimise Florian Philippot, cela ne concerne qu’une "petite dizaine de cas sur 7.600 candidats".

Samuel Auffray