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Hollande: face au FN, "il faut arracher les électeurs et les convaincre"

François Hollande s'est prêté au jeu d'une interview pas comme les autres, en ce début de semaine, interrogé par huit lecteurs du "Parisien".

François Hollande s'est prêté au jeu d'une interview pas comme les autres, en ce début de semaine, interrogé par huit lecteurs du "Parisien". - Eric Feferberg - AFP

Le président de la République s'est livré à une interview pas comme les autres, en ce début de semaine, en étant interrogé par huit lecteurs du journal Le Parisien. S'il a eu l'occasion, souvent avec humour, d'évoquer plusieurs sujets, il s'est montré très ferme sur le thème du Front national.

"Il faut arracher les électeurs au Front national." "Arracher", le terme est volontairement fort, et c'est celui choisi par François Hollande pour évoquer le FN à moins d'un mois des élections départementales, face à huit lecteurs du Parisien, mercredi."La seule attitude à avoir, c'est d'aller les (les électeurs) chercher, les arracher même pour leur parler et les convaincre", a jugé le président de la République dans la salle du Conseil des ministres où s'est déroulé l'entretien lundi, "car si le FN est dans la République, puisqu'il participe aux élections, c'est tout sauf le parti de la République".

Pour François Hollande, les propositions de Marine Le Pen et FN "sont autant de reculs pour notre pays et pour ses électeurs". Surtout, "c'est un échec collectif quand un parti d'extrême droite est le premier parti de France" mais "cela ne veut pas dire que ceux qui votent pour le FN soient convaincus par ses thèses", minimise-t-il. 

Face aux discriminations, Hollande veut autoriser l'action de groupe

François Hollande souhaite que l'action de groupe, aujourd'hui réservée aux consommateurs soit désormais "possible" face "aux discriminations". "Le racisme n'est pas que dans les stades de football. Il peut aussi être dans les transports, ou sur les lieux de travail. Je n'accepterai jamais sa banalisation", affirme le chef de l'Etat au panel de lecteurs du Parisien. Et "quand les actes se multiplient, les victimes se découragent et ne portent pas toujours plainte", regrette-t-il pour justifier son annonce qui fait suite à une proposition de Christiane Taubira mi-février.

Faisant référence au cas d'un voyageur noir empêché le 17 février de monter dans le métro parisien par des supporters du club anglais de Chelsea, François Hollande relève ainsi que sans la médiatisation de cette affaire, l'homme, qu'il a eu depuis au téléphone, "aurait peut-être renoncé.

Les élèves de l'Ena pour assurer le service civique

François Hollande souhaite que les élèves de l'Ecole nationale d'administration (Ena), où il a été formé lui-même, se chargent, pendant six mois de leur scolarité, de l'administration du service civique, l'une de ses annonces fortes post-attentats de Charlie Hebdo. "A la fin de mon mandat, 170.000 jeunes seront en service civique", prévoit-il, ajoutant que "s'il y avait plus de volontaires, (il) dégagerait tous les crédits nécessaires pour que toute candidature soit acceptée".

Le service civique permet à des jeunes de 16 à 25 ans de s'engager pour six à douze mois dans des missions d'intérêt général auprès d'associations, de collectivités et établissements publics (écoles, hôpitaux...). Il donne droit à une indemnité mensuelle d'environ 500 euros.

Le remplacement des jours fériés catholiques n'a "rien à faire dans la loi Macron

François Hollande estime également que le remplacement des jours fériés catholiques par des jours fériés locaux outre-mer, introduit par un amendement dans la loi Macron, n'a "rien à faire dans ce texte". "Dans le cadre du débat parlementaire, une députée de la Réunion a considéré que pour sa région, que je connais bien, une dérogation pouvait être reconnue pour l'organisation des jours de congé. Ça peut se discuter, mais ça n'a rien à faire dans un texte qui porte sur l'activité, la croissance et l'emploi", affirme le président de la République.

Outre cet aspect de la loi Macron, François Hollande a répondu aux questions d'ordre économique et notamment assuré qu'"il n'y aura pas d'augmentation d'impôts pour les années 2015, 2016 et 2017".

Julie Gayet

De "bonne humeur" selon les participants, agréable et disponible, le président de la République s'est en revanche tendu à l'évocation de son vie privée et de sa relation supposée avec l'actrice Julie Gayet. "Je ne réponds pas aux questions d'ordre privé. Je sais que certains sont intéressés par ces sujets mais ce que veulent les Français ce sont des résultats".

2017 et Sarkozy

"Notre pays a besoin d'une vie politique où les idées s'affrontent pour éclairer les citoyens sur les choix possibles", remarque François Hollande. "Chaque fois que Nicolas Sarkozy, ou tout autre, apporte des propositions, la démocratie est gagnante", juge le président de la République qui n'a pas commenté les propos du président de l'UMP sur le "FNPS".

Quant à la présidentielle de 2017 qui pourrait offrir un remake de 2012? François Hollande assure ne "pas être dans l'obsession" et répète qu'il ne "cherchera pas s'excuse. J'ai la chance de servir mon pays, je ferai tout jusqu'à la fin de mon mandat pour que notre pays réussisse et soit fier de lui. Ensuite, je prendrai ma décision".

S.A. et Jé. M.