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Guerre d'Algérie: Mariton dénonce une "provocation mémorielle" de Hollande

Hervé Mariton sur BFMTV/RMC vendredi 18 mars 2016.

Hervé Mariton sur BFMTV/RMC vendredi 18 mars 2016. - BFMTV

Invité de BFMTV et RMC ce vendredi, Hervé Mariton a dénoncé la démarche de "provocation mémorielle" que constitue selon lui la volonté du président de la République François Hollande de commémorer samedi la fin de la guerre d'Algérie, le 19 mars 1962 correspondant à la date du cessez-le-feu qui suivit la signature des accords d'Evian.

"Je suis né à Alger, je suis pied-noir. Je n’apprécie pas le 19 mars 1962 car j’ai en tête les dizaines de milliers de victimes qu’il y a eu à Alger, à Oran en juillet 1962. J’ai en tête les harkis que la France a abandonnés et qui ont été massacrés", a expliqué le député Les Républicains et candidat à la primaire de la droite pour 2017 au micro de Jean-Jacques Bourdin.

"J’ai en tête que cette date pour beaucoup marque une repentance. Ça n’est pas comme cela qu’on peut construire l’avenir du pays", a poursuivi l'élu de la Drôme. "Je suis un peu atterré aujourd’hui par la provocation qui est celle de François Hollande qui, faute d’améliorer la situation du pays, baigne dans des démarches de provocation mémorielle."

"Politiquement je pense que la repentance n’est pas bonne pour l’avenir de la France. Et personnellement, pour moi le départ d’Algérie est une tragédie et je ne sens pas de marquer le 19 mars", a-t-il détaillé. "Je dis que l’on est pas obligé de faire de ce sujet l’ordre du jour principal de la vie politique française aujourd’hui", a-t-il encore expliqué, précisant avoir signé la pétition de Valeurs Actuelles "contre les commémorations de la honte et du déshonneur!".

Le 19 mars est la "Journée nationale du Souvenir Algérie-Maroc-Tunisie" et François Hollande se rendra samedi au Quai Branly pour la célébrer pour la première fois. Une démarche qui a suscité des critiques, notamment d'associations de harkis.

Jeudi, dans une tribune publiée sur le site internet du Figaro, le président des Républicains Nicolas Sarkozy avait déjà sonné la charge, critiquant le choix de François Hollande de commémorer le 19 mars 1962. "Choisir la date du 19 mars, que certains continuent à considérer comme une défaite militaire de la France, c'est en quelque sorte adopter le point de vue des uns contre les autres, c'est considérer qu'il y a désormais un bon et un mauvais côté de l'Histoire et que la France était du mauvais côté", écrivait l'ancien chef de l'Etat.

V.R.