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Dati: "il y a des unes de 'Charlie Hebdo' qui m'ont choquée"

Rachida Dati vendredi sur BFMTV et RMC.

Rachida Dati vendredi sur BFMTV et RMC. - BFMTV

L'eurodéputée UMP Rachida Dati était l'invitée de BFMTV et RMC vendredi matin. Retrouvez ses principales déclarations.

Terrorisme, attentats à Charlie Hebdo... Rachida Dati, eurodéputée UMP, était l'invitée de BFMTV et RMC vendredi matin. Voici l'essentiel de son interview.

#Terrorisme: "je soutiens la loi Cazeneuve"

L'eurodéputée soutient la loi sur l'antiterrorisme du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. "J'estime qu'il a pris la mesure des enjeux", explique-t-elle.

Rachida Dati estime par ailleurs que la réponse au terrorisme "doit être transfrontalière", et dénonce le vote des socialistes européen "contre un PNR [Passenger Name Record] européen, un registre dans lequel on met toutes les données concernant les passagers qui entrent et sortent du continent européen. Manuel Valls doit appeler les députés PS à le voter" au Parlement européen.

Evoquant aussi la proposition de certains de l'UMP d'empêcher les jihadistes de revenir en France, Rachida Dati prévient: "il faut faire attention à ce que cette mesure ne créé pas une attente chez les Français, et qui n'entraîne pas d'effets. Je pense que c'est une source de renseignements de permettre à certains de revenir. Par ailleurs, je ne pense pas que la déchéance de nationalité les empêchera d'agir."

#Radicalisation: "il faut regrouper les détenus"

Enfin, parmi les mesures proposées en faveur de la déradicalisation des détenus, Rachida Dati soutient le regroupement des détenus radicalisés "dans un même établissement sécurisé, avec des cellules individuelles et du personnel formé. L'Etat doit prendre cela en charge, cela ne doit pas être délégué à des associations. Si vous dispersez les détenus, vous dispersez les risques d'attentats. Même un transfert de détenu fait peser le risque d'attentat sur les policiers".

#Islam: "il faut des imams formés en France"

Pour Rachida Dati, "il y a un problème sur la représentation et la pratique de l'islam en France. D'abord, il faut sortir la pratique de l'islam des caves et des garages, il faut plus de dignité et de visibilité. Ensuite, la formation des imams est sous-traitée aujourd'hui dans certaines universités. Il faut une vraie chaire d'université, avec une formation contrôlée. Il nous faut des imams formés en France, il en va de la sécurité et de l'avenir de la jeunesse. Et enfin, il faut une conférence des imams comme il existe déjà une conférence des évèques de France".

#Charlie Hebdo: "il y a des unes qui m'ont choquée"

L'eurodéputée le reconnaît, "il y a des unes de Charlie Hebdo qui m'ont choquée, notamment lorsqu'il y a eu des caricatures extrêmement violentes sur le pape il y a quelques années. Je peux comprendre que certains de nos compatriotes soient offensés et choqués. Mais lorsqu'il y a offense, vous avez des tribunaux pour le dire. Nous sommes dans un pays civilisé!".

Puis elle réagit aux propos de Philippe Tesson sur la communauté musulmane: "d'où vient le problème de l'atteinte à la laïcité sinon des musulmans? On le dit ça?", a lancé le journaliste mardi sur Europe 1. Puis, se tournant vers un autre journaliste: "C'est pas les musulmans qui attirent la merde aujourd'hui en France?"

"On est dans l'injure", reconnaît Rachida Dati, qui affirme également que "Philippe Tesson est un journaliste très intelligent, pour lequel j'ai beaucoup de respect. Je ne connais pas le contexte de cette phrase mais c'est de l'injure", ajoute-t-elle.

#Le constat: "sur l'école, on est tous coupables"

Alors que certains élèves ont refusé de respecter une minute de silence en hommage aux victimes des attentats, Rachida Dati estime que "ces trente dernières années, on a laissé un laxisme se développer à l'école. Là-dessus, nous sommes tous coupables. Il faut donc arrêter la réforme des ZEP et de la carte scolaire. Il faut aussi arrêter de contester l'autorité des enseignants: lorsqu'il y a un manquement, l'autorité doit être établie. Un enfant ne respecte pas la minute de silence? Il doit passer aussitôt en conseil de discipline", avance-t-elle.

A. K.