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Attentats: Alain Juppé ne donnera pas "carte blanche" au gouvernement

Alain Juppé attend de voir les effets des mesures annoncées par le gouvernement.

Alain Juppé attend de voir les effets des mesures annoncées par le gouvernement. - Eric Piermont - AFP

Le maire de Bordeaux a fait une série de propositions en matière de sécurité après les attaques de Paris. S'il assure soutenir l'exécutif, il ne se dit pas prêt à donner "carte blanche" à François Hollande.

"Se donner les moyens de gagner cette guerre". Voilà l'ambition que souhaite Alain Juppé pour la France et son gouvernement après les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Présent, comme tous les anciens Premiers ministres, lors de l'hommage national au 130 victimes aux Invalides vendredi, le maire Les Républicains de Bordeaux s'adresse aux Français dans une lettre publiée samedi.

Dans cette correspondance, Alain Juppé fait des propositions en matière de sécurité et de diplomatie. Assurant soutenir les nombreuses créations de postes dans la police, la gendarmerie et la justice, l'ancien Premier ministre attend de voir les résultats qui dépendent, selon lui, de la "volonté politique".

"Je souhaite que dans les tout prochains mois, le Président de la République vienne expliquer devant les Français ce qui a été obtenu", réclame le maire de Bordeaux. 

Créer un service de renseignement en prison

Si le candidat à la future primaire de la droite a salué la "fraternité" lors de l'hommage national aux Invalides et explique que ces attaques doivent être suivies d'un large rassemblement de la rue jusqu'aux plus hautes sphères de l'Etat, Alain Juppé explique ne pas vouloir donner une "carte blanche" au gouvernement actuel.

Et énumère alors une série de propositions pour rattraper "le retard" qui aurait été pris pour "écraser Daesh". Ainsi, le maire de Bordeaux suggère de "simplifier drastiquement les procédures administratives" et les confier à du personnel civil pour permettre aux policiers de se concentrer sur le travail de recherche et de terrain, notamment pour identifier les filières radicales. 

L'attention doit être portée, selon Alain Juppé, sur le travail de renseignement et principalement en prison où il propose de créer un "véritable service" pour se charger de détecter les individus qui pourraient se radicaliser. Les autorités religieuses et spirituelles doivent également prendre leurs responsabilités pour lutter contre le sectarisme. "Ils doivent expliquer que l’islam, ce n’est pas l’islamisme. Certains le font déjà, d’autres doivent suivre", insiste Alain Juppé.

"Délit d'entrave" et appel à l'Europe

La protection contre le terrorisme doit aussi passer par le prêche des imams en français. Une "délit d'entrave au service public" devrait également être crée, selon l'ex-Premier ministre, qui punirait les entraves à la "laïcité". 

"On ne peut pas laisser les représentants de l’État sans moyens de réagir quand un enfant rejette une leçon d’histoire sur la Shoah ou quand une femme hospitalisée refuse d’être examinée par un médecin homme. Il faut faire respecter les conditions élémentaires de la laïcité", pointe Alain Juppé.

Mais la France ne pourra pas lutter seule, admet le maire de Bordeaux. Parlant de "nécessité" concernant la grande coalition internationale défendue cette semaine François Hollande auprès de Barack Obama ou Vladimir Poutine, Alain Juppé en appelle aussi à l'Europe. "En 2015, ce sont seulement 150 millions d’euros de budget qui sont alloués au contrôle de plus de 40.000 kilomètres de frontières, ce n’est pas tenable", dénonce-t-il proposant alors de créer "une police européenne des frontières".

J.C.