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Affaire Bettencourt : les éléments qui accablent Sarkozy

Pour l'entourage de Nicolas Sarkozy, cette convocation du juge Gentil n'est qu'une "simple formalité".

Pour l'entourage de Nicolas Sarkozy, cette convocation du juge Gentil n'est qu'une "simple formalité". - -

Alors que la confrontation entre l’ancien président de la République et le juge Gentil doit se tenir cette semaine selon "Le Figaro", BFMTV.com fait le point sur ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy, dans le cadre de l’affaire Bettencourt.

Au tour de Nicolas Sarkozy. Après avoir auditionné plusieurs proches de l’ancien chef de l’Etat, dont son avocat Thierry Herzog, dans le cadre d’un éventuel financement illégal de la campagne de 2007 via des versements de Liliane Bettencourt, le juge Jean-Michel Gentil s’apprête à recevoir - jeudi selon Le Figaro - l’ancien président lui-même, comme "témoin assisté" ou comme "mis en examen".

Six mois après la perquisition du domicile et des bureaux parisiens de Nicolas Sarkozy, quels sont les éléments qui l’accablent dans cette affaire ? Revue de détails.

Nombreux retraits d'argent

En ligne de mire du juge Gentil : le possible financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Des sommes colossales (4 millions d’euros au total), provenant des comptes suisses de Liliane Bettencourt, ont été acheminées vers la France par Patrice de Maistre, en plusieurs fois, en 2007 (deux fois 400.000 euros, pendant la campagne, puis pendant l’entre-deux tours, ce qui a alimenté les soupçons de financement illicite), en 2008 (deux fois 1 million d’euros) et en 2009 (trois fois 400.000 euros). Des sommes soupçonnées d’avoir été versées à Nicolas Sarkozy.

Hasard du calendrier ou coïncidence embarrassante, les dates de ces retraits coïncident avec des rencontres entre Liliane Bettencourt ou Patrice de Maistre, et Nicolas Sarkozy, en 2007, mais aussi en 2008, comme l’a révélé dernièrement Libération. En effet, la perquisition menée en juillet 2012, sur ordre du juge Gentil, au domicile et dans les bureaux de Nicolas Sarkozy - alors que celui-ci était en déplacement avec son épouse au Canada - a permis de mettre la main sur de nouveaux éléments accablants pour l’ancien locataire de l’Elysée. Mis en examen à Bordeaux dans les dossiers Bettencourt, Patrice de Maistre a affirmé dimanche au JDD n'avoir jamais remis d'argent à Nicolas Sarkozy.

Les révélations troublantes des agendas

Parmi ces nouveaux élements embarrassants : les agendas officiels et privés de Nicolas Sarkozy, datés de 2007 à 2009. Grâce à ces documents, passés au crible, le magistrat bordelais met à jour une rencontre avec Liliane Bettencourt le 5 novembre 2008, puis une autre avec Patrice de Maistre, le 13 du même mois.

Le procès-verbal publié par Libération indique que le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt "se rend à Genève pour commander deux opérations de mise à disposition d'espèces de 1.000.000 d'euros le 2 et le 8 décembre 2008", juste après ce rendez-vous présidentiel. Des concordances de dates troublantes, que Nicolas Sarkozy devra expliquer. Jusqu’alors, son avocat n’avait reconnu que la date du 24 février 2007 pour une rencontre avec la milliardaire, chez elle, à Neuilly.

A cela s’ajoutent les huit entrevues entre l’ancien chef de l’Etat, alors en exercice, et l’ex-procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye, chargé de l’affaire Bettencourt jusqu’en novembre 2010, à des dates-clé de l’affaire. Des annotations sur les agendas du président, telles que "Ph C, arrivé par le parc", ont notamment été retrouvées.

Le journal intime de Banier

"De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l'argent". Protégé par son immunité présidentielle, Nicolas Sarkozy n’avait pu être interrogé sur cette phrase écrite par François-Marie Banier (le confident de Liliane Bettencourt, mis en examen pour abus de faiblesse) dans son journal intime, le 26 avril 2007. Soit en plein entre-deux tours de la présidentielle. Il devra donc en répondre devant le juge Gentil, qui soupçonne Patrice de Maistre d’avoir été au centre des tractations financières Bettencourt-Sarkozy, en passant notamment par Eric Woerth, trésorier de la campagne de Sarkozy en 2007.

A l’approche de cette rencontre judiciaire très attendue, l’entourage de l’ancien président de la République est monté au créneau, estimant que cette convocation ne constitue qu’une "simple formalité". Dimanche soir, sur BFMTV, l’ex-ministre de l’Intérieur et proche de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, a encore affirmé que l’ancien président "n’a rien à se reprocher, rien à redouter", dans cette affaire.