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Les politiques se mettent à la téléréalité dans "Politiques Undercover"

Bernard Accoyer, Samia Ghali et Jean-Luc Roméro participent à l'émission "Politiques Undercover".

Bernard Accoyer, Samia Ghali et Jean-Luc Roméro participent à l'émission "Politiques Undercover". - Patrick Kovarik; Joël Saget; AFP - Montage BFMTV

Bernard Accoyer, Jean-Luc Roméro ou encore Samia Ghali sont physiquement transformés et grimés pour une émission de téléréalité, diffusée lundi soir sur D8.

Les hommes et femmes politiques doivent-ils participer à une émission de téléréalité? La question, déjà évoquée fin octobre, pourrait redevenir polémique à l'occasion de la première diffusion de Politiques Undercover, lundi soir à 20h50 sur D8.

Ancien président de l'Assemblée, anciens ministres ou élus actuels, ils sont cinq hommes et femmes politiques à avoir accepté de passer une journée dans la peau d'un autre. Grimés et transformés physiquement afin de paraître méconnaissables, ils incarnent des personnages de la vie quotidienne dans l'émission. Filmés en caméra cachée, les gens s'adressent à eux sans précautions particulières. Ces élus doivent ainsi réaliser plus concrètement les problèmes des Français au quotidien.

Les élus font le bilan de l'expérience

Outre Bernard Accoyer et Thierry Mariani, respectivement brancardier à l'hôpital et handicapé en fauteuil roulant, on retrouvera Jean-Luc Roméro, devenu militant associatif, et Samia Ghali, seule femme à participer, en mère célibataire bataillant pour trouver un logement.

Le reportage terminé, les participants reviendront sur leur expérience sur le plateau. Dans l'ensemble, les retours sont positifs. Pour Thierry Mariani, l'expérience a permis de réaliser les progrès à faire en matière d'accessibilité pour les personnes handicapées, raconte-t-il au Figaro. Bernard Accoyer, lui, aurait tiré de son immersion en tant que brancardier à l'hôpital des "idées pour améliorer les services d'urgences" en France.

Des critiques virulentes

D'autres responsables politiques, comme Michèle Alliot-Marie ou Geoffroy Didier, s'étaient prêtés au jeu le temps, mais avaient renoncé face aux critiques très virulentes. L'ancienne ministre de la Défense avait reconnu avoir fait des tests dans lesquelles elle avait été grimée, mais ces essais étaient restés sans suite. Elle s'était même prononcée "contre la téléréalité des politiques". Les producteurs de l'émission, eux, préfèrent évoquer dans Le Parisien "un documentaire d'immersion d'hommes politiques dans la vie des Français".

François Fillon avait fait partie des détracteurs de l'émission. Après l'annonce de la préparation de l'émission le 28 octobre, il avait dénoncé une "perversion du débat politique". "S'ils ont besoin de se déguiser pour aller voir la vraie vie, ils ont un vrai problème", avait-il estimé. Cécile Duflot elle-même avait ironisé: "je ne dois pas être une vraie responsable politique, parce que moi je n'ai pas besoin de me déguiser pour aller au Super U, pour amener mes enfants à l'école et pour vivre normalement".

Ce n'est pas la première fois que des responsables politiques participent à ce genre d'émissions. En 2003, TF1 avait tenté l'expérience avec Jean-François Copé, qui avait passé 36 heures avec une famille française. Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, s'était finalement opposé à la diffusion. En 2009, après J'aimerais vous y voir sur LCP, c'est Dailymotion qui avait lancé Politique à domicile. Une émission pendant laquelle un politique venait dîner dans une famille, et participait même à la préparation du repas.

A. K.