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Les municipales n'auraient que peu contribué à la propagation du coronavirus, selon une étude

Une main gantée tient une carte électorale le 15 mars 2020, lors du premier tour des élections municipales, à Cucq.

Une main gantée tient une carte électorale le 15 mars 2020, lors du premier tour des élections municipales, à Cucq. - LUDOVIC MARIN / AFP

Des épidémiologistes et statisticiens ont conclu que le premier tour du scrutin, qui s'est tenu le 15 mars, avait bel et bien entraîné des contaminations mais n'avait pas permis à l'épidémie de s'enraciner.

Deux jours avant le confinement général de la population, les Français étaient appelé aux urnes, le 15 mars dernier, pour le premier tour des élections municipales. La tenue du vote a depuis été critiquée à de nombreuses reprises, en ce qu'elle a pu constituer un vecteur du Covid-19. Mais quel rôle a-t-elle vraiment joué dans l'épidémie?

Selon une étude réalisée par des épidémiologistes et des statisticiens, disponible sur la base MedRxiv et dont les résultats ont été dévoilés dans Le Monde, ce ne serait pas le cas. Statistiquement, d'après les conclusions, le scrutin n'aurait pas contribué à accélérer significativement la propagation du virus.

"Nous n’avons pas trouvé d’effet statistique du niveau de participation dans chaque département sur les hospitalisations ultérieures pour Covid-19, mesurées localement, a expliqué au Monde le coordinateur de l'étude, Jean-David Zeitoun, du Centre d’épidémiologie clinique de l’Hôtel-Dieu à Paris. Dit autrement, ce n’est pas parce que les gens sont plus allés voter dans un département donné que la maladie s’y est propagée plus rapidement en matière d’hospitalisations."

"On n'a pas vu de pic décalé sur les hospitalisations"

"(Cette étude) ne dit pas qu'il n'y a pas eu de nouvelles contaminations (...). Ce qu'elle dit, et c'est un peu ce qu'on voyait déjà, c'est que ces contaminations n'ont pas contribué à accélérer l'épidémie et que typiquement on n'a pas vu de pic décalé sur les hospitalisations qui aurait été lié à cet épisode de vote des citoyens pour les municipales", expliquait ce vendredi sur BFMTV Pascal Crepey, épidémiologiste et biostatisticien à l'Ecole des hautes études en santé publique, coauteur de l'étude en question.

Conséquences sur l'abstention

A l'heure où l'exécutif s'interroge sur le calendrier de la tenue du second tour des municipales, cette étude pourrait se révéler être un précieux argument pour qu'il se déroule avant l'été, comme le désirent plusieurs personnalités politiques telles que Christian Jacob, patron du parti Les Républicains.

Toutefois, selon l'étude, la propagation du coronavirus a eu un effet important sur le scrutin:

"On observe un effet massif sur l'abstention, en hausse de plus de 18 points par rapport à 2014 (année des précédentes élections municipales, NDLR)", a ainsi expliqué au quotidien du soir Jérôme Fourquet, directeur du département "Opinion" de l’IFOP, qui a participé aux travaux.

Il souligne toutefois que cet effet est national et qu'il ne s'agit pas "d'un effet localement déterminé par l'intensité de la maladie".

Clarisse Martin