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Les ministres chahutés sur le terrain à quelques jours du grand débat national

A cinq jours du grand débat national, les ministres se déploient sur le terrain et jouent les démineurs face à des citoyens en colère.

Les déplacements des ministres sur le terrain sont pour le moins difficiles ces dernières semaines. A une semaine du lancement grand débat national voulu par l'exécutif, les membres du gouvernement sont de sortie pour relayer la bonne parole, mais les échanges s'avèrent compliqués.

Le gouvernement est chahuté, même ses membres les plus populaires, qui doivent jouer les démineurs et tenter de réconcilier le gouvernement avec les Français. A l'image du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, en déplacement ce jeudi à Briançon dans les Hautes-Alpes, interpellé par des syndicalistes FSU et des gilets jaunes au sujet du bilan de Parcoursup. Le ministre a notamment pris part à un virulent échange avec une syndicaliste concernant les affectations des élèves bacheliers professionnels à la rentrée 2018. "Si vous m'interrompez je ne peux pas vous parler, ça n'est pas la peine", s'est impatienté le ministre, coupant court à la discussion. 

"Le débat, oui, le n'importe quoi, c'est non"

Même traitement réservé à Sébastien Lecornu, ministre en charge des collectivités territoriales, lui aussi vivement pris à parti à L’Argentière-la-Bessée, dans les Hautes-Alpes. Interpellé sur le prélèvement à la source, les salaires des députés et des sénateurs, ou les "CRS tueurs", le ministre a dû calmer la colère des habitants et répondre à leurs incompréhensions. 

"Le débat, oui, le n'importe quoi, c'est non", a lancé Sébastien Lecornu en marge de ce déplacement.

"Il faut faire la part des choses entre nos concitoyens avec ou sans gilet jaune qui veulent débattre de ce pays, de leur quotidien, de fiscalité, de pouvoir d'achat" et ceux qui profèrent "des choses indignes", comme celles tenues le matin même devant lui par une femme, affirmant que l'État "engagerait des gendarmes étrangers pour gazer et tuer des citoyens français", a-t-il ajouté. "J'ai porté l'uniforme, je suis réserviste, vous ne pouvez pas parler des policiers et des gendarmes comme vous en parlez", s'était insurgé le ministre face à cette gilet jaune.

Jouer les démineurs

La ministre de la Santé Agnès Buzyn était elle aussi en première ligne ce jeudi à Saint-Chèly-d'Apcher, dans le nord de la Lozère. L'objectif: faire passer un message et expliquer l'action du gouvernement. Elle a donc échangé avec les gilets jaunes à l'initiative d'une consultation citoyenne menée localement auprès de plus de 1.000 personnes. 

Une démarche jugée constructive par la ministre sur son compte Twitter, qui leur a même déclaré: ""Vous avez l'impression que l'on cherche à vous mettre la tête dans le sable mais (...) on veut vous faire du bien (...) on veut vous écouter".

"C'est compliqué"

Vendredi, c'est le secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi qui se rendra "en stage" chez une gilet jaune mère célibataire, assistante de vie dans le Var afin de partager son quotidien. Une autre façon de tisser des liens directs avec les acteurs de la crise.

Améliorer le contact et répondre à la demande de dialogue. Le mot d'ordre semble clair pour ces ministres appelés à aller se frotter à la réalité au moment où l'exécutif semble le plus inaudible. Beaucoup d'entre deux sont cependant lucides sur les semaines qui les attendent. "Vous savez, c'est compliqué de retisser un lien social qui s'est abîmé depuis plus de 30", a lâché ce jeudi soir Sébastien Lecornu sur notre antenne. 

Manon Fossat