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Grand débat national: pourquoi certains ministres sont inquiets

Plusieurs ministres du gouvernement

Plusieurs ministres du gouvernement - AFP

Pour certains membres du gouvernement, l’annonce du lancement du grand débat national le 15 janvier, en réponse à la crise des gilets jaunes, présente des risques.

Si l’utilité même de l’exercice avait déjà soulevé des doutes chez des ministres, certains d'entre eux se demandent désormais de quelle manière ils vont devoir participer à la vaste consultation nationale, qui débutera le 15 janvier.

Quel rôle pour les ministres?

Selon Le Parisien, le sujet aurait même été évoqué vendredi dernier en plein Conseil des ministres à l’Élysée. Selon Matignon, cité dans le quotidien, il va falloir que les ministres trouvent “la juste mesure”.

“Ils doivent être présents, écouter et apporter des réponses à des questions éventuelles que se posent les Français, sans donner par ailleurs l’impression de tenir un meeting ou de faire de la récupération politique”, confie Matignon.

La question du rôle des ministres doit d’ailleurs être évoquée ce mercredi pendant le séminaire gouvernemental de rentrée. Certains craignent en effet d’être mal accueillis. 

“Se pointer dans une salle de fête où se tient un débat et être accueilli avec le goudron et les plumes, c’est quand même le risque”, explique un ministre au Parisien. Pour éviter les débordements, le journal révèle que tous les chefs des cabinets sont actuellement en train de caler les endroits où leurs ministres pourraient éventuellement se rendre.

Préparation de "kits" pour le grand débat

Plusieurs réunions se sont par ailleurs tenues à Matignon, en présence de ministres, comme Nicole Belloubet, ministre de la Justice, Christophe Castaner ministre de l’Intérieur), Gabriel Attal, secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Éducation nationale ou encore Marc Fesneau, ministre chargé des Relations avec le Parlement. Ces réunions étaient essentiellement destinées à la préparation de “kits” qui seront mis à disposition de tous pour servir de base de discussion et d’échange lors des débats.

Au-delà des inquiétudes d’éventuels débordements, certains membres du gouvernement ont fait savoir qu’ils croyaient “plus ou moins” à ce débat national. 

"Sur 34 ministres, cinq ou six ont déjà commencé à discuter avec les gilets jaunes mais beaucoup ne se mobilisent pas", assurait récemment un ministre au Journal du Dimanche.

Si Mounir Mahjoubi, Brune Poirson, François de Rugy ou encore Marlène Schiappa ne cessent d'afficher leur enthousiasme, les ministres des Comptes publics, de l'Economie et de la Cohésion des territoires sont quant à eux plus dubitatifs.

"Sébastien Lecornu vient d'une culture de droite où l'on déteste les débats participatifs et Gérald Darmanin n'a pas envie de défendre le débat: il a galéré à faire le budget donc il ne voit pas comment on s'en sort si on remet la fiscalité en question", a expliqué un ministre au JDD.