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Chantal Jouanno annonce son retrait du grand débat national

La présidente de la Commission nationale du débat public renonce à piloter le grand débat lancé par l'exécutif pour mettre un terme à la crise des gilets jaunes. L'Elysée n'a pour l'heure pas souhaité réagir.

À une semaine du début du grand débat national, Chantal Jouanno, la Présidente de la commission nationale du débat public a annoncé ce mardi soir sur France 2 qu'elle se retirait de l'organisation.

"J'ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat", a déclaré l'ancienne ministre, estimant que les débats nés sur son niveau de salaire de 14.666 euros étaient "légitimes" mais que les "conditions de sérénité nécessaires pour ce débat" n'étaient pas assurées.
"C'est une décision que j'ai prise parce que je crois en ce débat (...) plus que nécessaire", a-t-elle poursuivi, précisant qu'elle ne quittait pas pour autant la présidence de la CNDP.

Edouard Philippe informé mardi après-midi

"Le gouvernement prend acte de la décision de Chantal Jouanno" ont fait savoir l'Elysée et Matignon à BFMTV ce mardi soir. "Il proposera à l’issue du séminaire gouvernemental une organisation et un mode de pilotage du Grand Débat National qui présenteront des garanties équivalentes en termes d’indépendance et de neutralité" ont-ils ajouté, précisant que Chantal Jouanno avait informé le Premier ministre de sa décision dans l'après-midi. 

Un piller de la majorité présidentielle s'interroge néanmoins sur les raisons de ce départ. "Il serait intéressant de savoir si (Chantal Jouanno) se retire en raison de la polémique sur son salaire ou par anticipation des difficultés techniques pour organiser le débat..."

"Je ne vais pas vous dire que tout va bien" a reconnu la député LaREM des Yvelines Marie Lebec, ce mardi soir sur notre antenne. "C'est vrai qu'on peut déplorer que l'organisation de ce grand débat ne soit pas piloté par la commission nationale du débat public" a-t-elle poursuivi, estimant cependant que "ce qui (était) important, c'est qu'il y ait une instance qui garantisse la neutralité du débat et que toutes les revendications soient prises en compte"

La hausse de 13% de sa rémunération était sortie dans la presse ce lundi. Ses 14.666 euros bruts mensuels n'avaient pas manqué de faire grand bruit en pleine crise des gilets jaunes portée par la baisse du pouvoir d'achat.

Jeanne Bulant avec AFP