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Les étudiants de Marion Maréchal se choisissent pour parrain un général au passé antisémite

Marion Maréchal le 22 février 2018 aux Etats-Unis.

Marion Maréchal le 22 février 2018 aux Etats-Unis. - JIM WATSON / AFP

Une promotion de l'école militaire de Saint-Cyr avait choisi pour parrain Georges Loustaunau-Lacau, avant d'être débaptisée par l'armée de Terre en novembre dernier. Les étudiants de l'Issep ont donc fait le choix de reprendre le nom de ce général en connaissance de cause.

L'école fondée par Marion Maréchal fait-elle face à sa première polémique? Les étudiants de cet établissement lancé par l'ancienne députée FN viennent de choisir leur parrain de promotion. Et ils ont choisi Georges Loustaunau-Lacau, un général héros des deux guerres mondiales mais notoirement antisémite. L'Ecole militaire de Saint-Cyr avait aussi choisi ce dernier pour une promotion, mais l'armée avait en novembre décidé de la débaptiser.

"La flamme de la Résistance ne pouvant s'éteindre, pour l'honneur de ce général et de tous les résistants de 1940, la première promotion de l'Institut de sciences sociales, économiques, et politiques (Issep) a (...) décidé de reprendre (Georges) Loustaunau-Lacau pour parrain", ont écrit les étudiants en magistère 1 de l'Issep dans une tribune publiée ce jeudi par l'hebdomadaire Valeurs Actuelles.

Des articles anticommunistes, antiallemands et antisémites

Il y a quelques semaines, l'armée de Terre avait décidé de renommer la promotion 2016-2019 de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr - qui forme ses futurs officiers supérieurs - baptisée jusqu'ici "général Loustaunau-Lacau". Georges Loustaunau-Lacau, "Saint-cyrien, héros des deux guerres mondiales, résistant, déporté à Mauthausen et député à l'Assemblée nationale dans les années 1950", selon l'armée, avait animé en 1938 une maison d'édition nationaliste, La Spirale, qui a publié deux revues dans lesquelles ont paru de nombreux articles anticommunistes, antiallemands et antisémites.

L'officier a lui-même écrit au moins un article en 1938 dans lequel il met en doute la loyauté des Français juifs, explique l'armée de Terre. La décision de l'armée "jette l'opprobre sur une des plus hautes figures de la Résistance française et la condamne à l'oubli", dénoncent les étudiants de l'école fondée cette année à Lyon par la nièce de Marine Le Pen.

"L'acte d'accusation est une lettre à l'authenticité douteuse, exhumée, paraît-il, des archives de l'armée allemande et dont l'exploitation s'est affranchie de tout contexte", estiment-ils, faisant valoir qu'en 1940 d'anciens militaires "intoxiquaient les Allemands" et que le général avait pris, après la guerre, sa "distance" avec "l'antijudaïsme" des années 30.

Les étudiants en formation continue ont, de leur côté, choisi pour parrain l'écrivain et aviateur Antoine de Saint-Exupéry.

Charlie Vandekerkhove avec AFP